Avertir le modérateur

14/12/2011

Marion Bartoli ou le tennis qui boit la TAS

354-bartoto.jpg

Il n’y aura sûrement pas de médaille française l’été prochain en tennis aux JO de Londres, sur le gazon de Wimbledon. Du moins chez les femmes. Marion Bartoli, la joueuse la plus insaisissable du tennis français, a choisi le bras de fer avec la fédération pour obtenir son visa olympique. Un choix qui devrait la pousser à se porter devant le TAS afin de faire plier la fédé dont les règles de sélections sont pourtant claires depuis le départ: disputer deux rencontres avec l’équipe de Fed Cup, dont l’une l’année des Jeux. Seulement la numéro 1 française ne joue jamais sans son papa ce qui pose problème en équipe de France où les entraîneurs personnels ne sont pas invités.

Dans le monde rêvé de Marion, Nicolas Escudé devrait donc composer avec les états d’âmes des cinq coachs des joueuses auxquelles il fait appel. Impossible, forcément. Amélie Mauresmo, Mary Pierce, Nathalie Tauziat ou Tatiana Golovin s’étaient plié à la règle en leur temps. Pas la joueuse du Puy en Velay, qui boude la Fed Cup depuis sept ans.

Dans un entretien à Tennis Magazine, la numéro 9 mondial dénonce «des conditions de sélection déraisonnables.» Elle se plaint aussi d’être la seule joueuse du Top 10 dont le coach est encore persona non grata en Fed Cup. Le problème est pourtant bien plus vaste. Quand on joue pour son pays, le tennis se transforme en sport collectif. Et dans ce nouveau cadre, les privilèges individuels sont bannis. Qu’une championne de son talent ne comprenne pas cette démarche est difficilement saisissable.

Cette insubordination traduit surtout un problème plus profond dans le fonctionnement de Marion Bartoli. A 27 ans, la jeune femme est incapable de se passer trois jours de son papa. Sur le circuit, Walter l’accompagne partout, la bichonne, la protège face aux médias. Le binôme fonctionne en vase clos, dans un climat parfois paranoïaque. Impossible d’assister à un entraînement de la joueuse, qui décrète presque systématiquement le «huis clos». Hormis l’Israélienne Shaar Peer, on ne lui connaît pas d’amies proches. En tournoi, son cercle de proches supporters se résume le plus souvent à sa famille, élément clé de sa réussite. Mais aussi à l’origine d’un bien triste conflit.

22/11/2011

Le Masters, l'ennemi physique numéro 1

murray.jpg

Depuis que le grand cirque de l’ATP s’est posé à Londres dimanche dernier, les interrogations portent toutes autour du même thème. Pour savoir qui remportera le Masters, le problème n’est pas de savoir quel est le meilleur joueur mais bien qui, des huit meilleurs mondiaux, est capable de tenir le plus longtemps debout jusqu’à la fin de la semaine. Dans une saison interminable, cet ultime tournoi perd tout crédit plus quand on voit l’état de fatigue avancé des «Maîtres» censés y figurer. Résultat, l’O2 Arena et ses allures de boîte de nuit berlinoise ressemble plutôt au Radeau de la Méduse depuis deux jours.

Mardi, Andy Murray a même manqué de tout balancer. Essoré par huit mois de tournois, l’Ecossais a l’aine qui siffle, ce qui l’empêche de pouvoir se lâcher. Du côté de l’infirmerie, Novak Djokovic a toujours l’épaule qui couine, Rafael Nadal joue avec les genoux et les chevilles rouillées et Mardy Fish prie pour que sa cuisse le laisse tranquille. Devant les médias, les joueurs sont constamment amenés à ouvrir leur carnet de santé tandis que la plupart des matchs sont entrecoupés d’insupportables pauses médicales.

Même les joueurs en ont marre. Nadal ou Federer ne diront jamais que le Masters est le tournoi de trop, celui-ci étant trop bien doté pour cela. La simple qualification d’un joueur est récompensée d’un chèque de 120.000 dollars. Pour une victoire finale, comptez 770.000 dollars alors qu’un remplaçant en touche 60.000, juste pour assister aux matchs depuis les tribunes. Il y a trois ans, face à l’avalanche de blessures, l’ATP avait récupéré Stepanek sur une plage thaïlandaise, pendant ses vacances pour remplacer Roddick. En touriste, le Tchèque avait emprunté une raquette à Djokovic et des chaussettes à Murray pour jouer… 

En réalité, cette épreuve au format unique (avec ses deux poules) ne fait pas vraiment rêver. Une victoire au Masters n’aura jamais le cachet d’un titre en Grand Chelem, ni même celui d’un triomphe en Coupe Davis. Ce qui plait aux joueurs? Les petites attentions qui leurs sont accordées à Londres. «Avoir son nom brodé sur son peignoir» ou «défiler en costume à côté de Federer», lâchent toujours les joueurs interrogés à ce sujet. Pour leur santé, il pourraient quand même bien s’en passer.

11/11/2011

Peut-on encore voir du tennis à la télé?

tennis,masters 1000,bercy,télévision,chaînes,programmation,orange sport,w9,paris première,tournoi

Il y a d’abord cette réflexion toute bête, mûrie un jeudi soir à la rédaction, quand le technicien d’Orange tentait, pour la troisième fois de la semaine, de réparer notre Orange Box. Après six jours disputés à Bercy n’avons vu que deux ou trois images du tournoi parisien. Un morceau de Benneteau – Roddick par-ci, un set et demi de Gasquet – Federer par là. Et rien d’autre au sortir des quarts de finale. Avant d’accuser la terre entière de nous priver de tennis à la téloche, je dois préciser que nous faisons partie des gens précautionneux qui avons un abonnement à Orange pour suivre les Masters1000. Seulement entre temps, les souris de la rédaction ont mangé les fils et détruit le matos.

A vrai dire, nous nous retrouvons dans la situation très frustrante de Monsieur-tout-le-monde, non abonné à la télé d’Orange (attention, ce n’est pas grave) mais intéressé par une petite soirée tennis de temps en temps. Car pour voir les images du deuxième tournoi français (après Roland-Garros s’entend) les choses se compliquent sérieusement. Avant 16h, inutile de rêver, il n’y a pas de programmation. Jusqu’à jeudi, Paris Première diffusait les rencontres de la fin d’après-midi et quelques night sessions. Puis plus rien à partir de vendredi, malgré l’annonce de la diffusion des derniers quarts de finale. En guise de Ferrer – Isner, on a eu droit aux Grosses Têtes de Philippe Bouvard.

La donne se complique un peu plus à partir de samedi, jour des demi-finales, dont l'une est programmée sur W9 (en l'occurence Tsonga - Isner à 17h). Encore une fois, honte à nous de ne pas bénéficier de la couverture offerte par Orange Sport. Mais bon, pour le coup, on n'y peut rien et comme la majorité des fans de tennis, nous devons jongler avec nos télécommandes et les chaînes du câble pour avoir le droit de voir quelques échanges. En terme de visibilité, je ne sais pas si une telle dilution de l’offre sert réellement l’intérêt du tennis. Les diffuseurs choisis sont peut-être étiquetés «grand public», accessibles en clair.

En attendant, le public averti s’y perd. Après un rapide tour de table à la rédaction de 20minutes, personne n’a vraiment pu suivre le tournoi. Pire, sans les résumés des chaînes d’infos, les streaming Internet et les extraits de matchs balancés sur Youtube, certains n’auraient même pas vu la couleur d’une balle. Finalement, ce n’est peut-être pas plus mal. C’est en l’absence d’images qu’on se (re)tourne vers les lives décalés du Web ou la radio officielle du tournoi. Suivre les matchs sur Radiobnpparibasmasters et ses commentateurs déjantés est d'ailleurs un vrai régal.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu