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16/10/2011

Non, les Bleus n'ont pas à s'excuser

rugby, Coupe du monde, XV de France, finale, Galles, victoire,

Le rugby est donc un sport assez mal fichu pour qu’une équipe se hisse en finale de Coupe du monde en réalisant un seul bon match. Pardon, une bonne première mi-temps contre l’Angleterre en quart de finale, et puis basta. Il faut bien reconnaître que tout le reste relève du «passable». Avant de viser une première victoire finale dimanche, les Bleus n’ont jamais impressionné, encore moins régalé. La presse et les supporters français n’ont d’ailleurs pas manqué de le rappeler à ceux qui sont officieusement surnommés «les Escrocs».

Que dire de la victoire face à Galles en demi-finale? Qu’elle est sûrement «l’une des plus laides de l’histoire de la Coupe du monde», a reconnu Marc Lièvremont. Samedi matin en France, pas un klaxon dans les rues, mais beaucoup de discours du type: «Si avec ça, on n’est pas cocus…» Encore une fois, impossible de sauter au plafond, comme si en matière de sport co, le public français était devenu de plus en plus exigeant.

Pour voir du spectacle, allez au cirque

Habitués au foie gras avec les handballeurs depuis trois ans, il régurgite désormais la moindre mousse de canard. Non seulement l’équipe de France doit gagner, mais elle doit y mettre la manière. Comme si un succès sans panache ni cotillons n’avait aucune saveur. Parfois, il faut pourtant se contenter de peu, reconnaître que «seule la victoire est belle», sous peine de passer pour un public d’enfants gâtés. «Si vous voulez du spectacle, allez au cirque», affirmait d’ailleurs un ancien grand penseur de L1 (Pablo Correa).

Comme beaucoup, j’ai commencé à taper sur cette équipe après la qualification pour la finale. Puis je me suis demandé ce qui pouvait trotter dans la tête d’un supporter anglais dans pareil cas. Chez lui, le sentiment de fierté national est inné et il ne risque pas de s’auto flageller. Pas la peine d’être «beau» pour être étiqueté «winner». Bien jouer n’est pas un gage de victoire, sinon France 98 n’aurait jamais existé. Les historiens ne retiennent que les résultats. Rarement la manière. Dimanche prochain, les Bleus ne devraient pas découvrir le rugby champagne pour être sacrés champions du monde. Et ils n’auront pas à s’excuser.

14/10/2011

Christian Jeanpierre, ce fan de rugby incompris

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A Chaque compétition internationale, son bouc émissaire. La Coupe du monde de rugby a trouvé le sien avec Christian Jeanpierre, dont les commentaires sont désormais plus commentés que les performances des Bleus. Un peu comme Marion Rolland à Vancouver, CJP éclipse tout. Sur Facebook, le groupe «Ferme ta gueule Christian Jeanpierre», parrainé par «Le rugby pour les nuls» tourne à 2233 membres. Autre indicateur, quand on tape le nom de Jeanpierre dans Google, la quatrième occurrence citée est «nul» (entre « Best of» et «gay»).

Nourri par un bon petit buzz, l’acharnement contre un journaliste peut donc faire très mal. Je trouve cela dérangeant, presque incorrect, puisqu'aucune critique ne lui est adressée directement, en face (Non, ce n'est pas Denis Brogniart qui m'envoie). CJP n’a pas l’accent du Sud-Ouest. Il est souvent approximatif, un peu supporter sur les bords et a la fâcheuse tendance à répéter avec dix minutes de décalage les paroles de Thierry Lacroix. Soit. Cela empêche-t-il le téléspectateur lambda d’apprécier son match? Sûrement pas. Pour moi, il n’a commis qu’une erreur majeure depuis le début de son Mondial, en perdant le fil d'Afsud – Galles. Mais qui n’en commet pas? Il n’y a là rien d’impardonnable (Parole d’un journaliste qui n’a pas vu la main d’Henry lors de France – Irlande…)

Et les «valeurs de l'ovalie» alors?

Ceux qui lui tombent sur le râble oublient aussi qu’il n’est pas commentateur pour Canal+, la chaîne des puristes. Sur TF1, il adopte le ton «grand public» qui permet à la chaîne de cartonner en audiences. A ce sujet il s’est justifié dans une interview à Sud-Ouest: «Quand on me reproche d'être trop chauvin, je réponds: «Et alors ?» Quand les mecs se défoncent comme ça sur le terrain, tu as envie de leur rendre hommage.»

Ce discours-là, messieurs les puristes, n’est pas forcément celui d’un ignare du rugby. Mon collègue Alexandre Pedro, qui côtoie actuellement CJP en Nouvelle-Zélande est formel, Chistian Jeanpierre connaît le sujet. Pour l'anecdote, on peut le croiser rue Princesse lors des matchs du Stade Toulousain. Il est capable de parler des matchs de Ben Foden à Northampton et développe même une théorie assez intéressante sur Morgan Parra, le «Deschamps du rugby» par son côté «bon soldat» qui fait briller les joueurs autour de lui et finira sa carrière couvert de titres.

Tout cela pour dire qu’il est facile de relever les travers d’un commentateur sans jamais mettre en avant ses qualités. CJP est un journaliste multicarte qui vulgarise un sport d’initiés. Le dénigrer, c’est cracher sur tous les gens qui suivent le rugby sans être des spécialistes. A moins que la tolérance, l’ouverture d’esprit et le respect ne fassent pas partie des si belles «valeurs de l’ovalie».

08/10/2011

Lièvremont, le nouveau Jacquet?

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Ecrire sur le sport et ses acteurs est un exercice plus délicat qu’il n’y paraît. Il demande un sens de l’analyse aiguisé, justesse et mesure. L’actualité de l’équipe de France de rugby prouve qu’il est absurde de prendre position contre quelqu’un en l’enterrant définitivement avant la fin de son aventure. En 80 minutes contre l’Angleterre, Marc Lièvremont n’est pas passé du statut d’entraîneur sans talent à celui de fin stratège. De coach de Pro D2 à champion du monde potentiel. De Domenech à Mourinho.

C'est un fait, le sélectionneur des Bleus a bien dégusté après les quatre premiers matchs. Le cinquième pourrait le pousser à fanfaronner, à bomber le torse puisqu’il a fait la nique à tous ses détracteurs en accompagnant son équipe en demi-finale. Très classe, il s’est abstenu. «Je ne suis absolument pas revanchard, je ne veux pas tomber dans une forme d'aigreur.»

Jacquet n'était pas un mage non plus

Peut-être partage-t-il l’idée qu’en sport, celui qui gagne n’a pas forcément raison. Décrocher des victoires sans jeu ni spectacle n’est pas un gage d’immunité absolu devant les médias. Aimé Jacquet n’était pas un mage en son temps. Juste un coach qui a conduit son équipe au sommet sans jamais marcher sur l’eau. A l’époque, «Mémé» l’avait payé, subissant l’acharnement d’une partie de la presse française, L’Equipe en tête.

A un degré moindre, le début de Coupe du monde du XV de France rappelle ce scénario. Jusqu’à présent, les Bleus n’étaient pas bons. Et tous ceux qui l’ont signalé dans leurs colonnes ont eu raison. En revanche, deux choses sont proscrites: les attaques personnelles qui ne concernent en rien les compétences professionnelles du sélectionneur. Et les projections vaseuses sur l’avenir d’une équipe. Jouer sur Bwin et suivre au jour le jour l'actualité d'une équipe sont deux choses différentes.

Pas de mea culpa

En attendant, ce n’est pas parce que les Bleus ont battu les Britons qu’il faudrait tout oublier. Encore moins verser dans le mea culpa. Notre métier n’est pas d’avoir raison dans l’absolu. Mais d’avoir raison sur le moment. Dans leus papiers, certains ont critiqué le sélectionneur, et ce n’est pas pour cela qu’ils passent aujourd’hui pour des guignols (Si j'étais avec mon collègue Alexandre Pedro envoyé spécial en Nouvelle-Zélande, c'est évidemment ce que je ferais). Bien au contraire. Qui sait si les Bleus ne sont pas aussi en demie grâce à eux?

 
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