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19/10/2011

Il faut sauver le soldat Gourcuff

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Il faut parfois éviter de prendre les recommandations du médecin à la lettre. Le protocole de soin de Yoann Gourcuff prévoyait quelques semaines sans ballon. Le meneur de jeu de l’OL a prolongé jusque sur la pelouse de Santiago Bernabeu sa phase de rééducation. Mardi soir contre le Real, il fallait écarquiller les yeux pour le voir toucher le ballon. Pour sa première titularisation après cinq mois et demi d’absence, Gourcuff a été simplement inexistant. On l’a vu courir de droite à gauche, derrière Gomis, mais bizarrement, l’ancien bordelais donne la triste impression de fuir le jeu, de jouer à contre temps.

Ses partenaires ne le trouvent pas puisqu’ils ne le cherchent plus. Avec les retours annoncés de Lisandro, Grenier, Pied ou Gonalons, on imagine mal Rémi Garde maintenir dans son équipe un joueur qui court depuis deux ans après son meilleur niveau. A chaque nouveau départ, le constat est le même. L’ex-futur Zidane côté de la plaque, peu influent dans le jeu. Parfois même un peu hagard.

Et s'il jouait plus bas?

De temps en temps, on aimerait pourtant le voir s’énerver, ébouriffer un peu sa mèche. Pourquoi ne pas mettre un peu plus le pied? En fait, il est frustrant de se dire qu’un joueur capable de régaler tout un stade, somnole depuis si longtemps. De lui, on garde l’image d’un tour de passe-passe contre le PSG avec Bordeaux ou un doublé en bleu contre la Roumanie. Depuis? Pas grand-chose. Laurent Blanc a toujours dit de lui qu’il ferait un bon récupérateur dans les années à venir. Je crois effectivement que son salut passe par un repositionnement. Seulement, jouer un cran plus bas exige des qualités qu’il n’a pas encore. Défendre, s’engager dans les duels, aller au combat, ne fait pas partie de la panoplie du Gourcuff actuel.

Mardi soir, lors de son remplacement par Ederson, le Lyonnais nous a aussi offert une scène assez cocasse. En quittant la pelouse, il est tombé dans les bras de… Kaka, également remplacé au Real. Gourcuff connait le Brésilien puisqu’il a joué avec lui à Milan. Mais l est quand même assez maladroit de saluer un adversaire avant un coéquipier quand son équipe prend la marée (0-4). Evidemment, il n’y a là aucun calcul, pas le moindre message codé, venant «d’un joueur différent» dit souvent son père, Christian. Dans Le Monde, le joueur de 25 ans expliquait vendredi dernier qu’il tenait avant tout à «rester ce qu’(il) est, c'est-à-dire quelqu'un de discret. Je ne parle pas quand j’ai rien à dire. Ma communication se fait sur le terrain, avec mes valeurs, comme celle du partage.» Pour l’instant, on partage surtout ses doutes.

17/09/2011

Olympico ou Olym...pipeau?

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Historiquement, Canal+ a beaucoup apporté à la L1. Mais la chaîne aurait pu se passer de l’invention du mot «olympico», un soir de 2010 me semble-t-il. Un an auparavant, l’OM et Lyon ont eu la mauvaise idée de faire péter tous les compteurs lors d’un 5-5 assez mémorable, il faut l’avouer. Dix buts en un match, cela fait tourner les têtes. Dans la foulée, ça brainstorme à Canal. Comment surfer sur cette orgie de buts dans les années à venir? Nommer l’événement pardi, comme la fête de la Sainte Barbe ou la Chandeleur, il y aura «l’Olympico», puisque c’est le néologisme grotesque qui a été retenu.

D’une manière générale, je suis pour l’invention de nouveaux concepts, les expressions revisitées ou les clichés détournés. Pourtant là, quelque chose me gêne. On sacralise un non événement, ce qui revient à prendre le téléspectateur pour ce qu’il n’est pas: un amateur de spectacle avant d'être un fan de sport. Que représente Lyon – Marseille? Un choc entre deux grosses équipes de L1 et rien d’autre. Parler d’«Olympico» est un abus de langage à plusieurs titres. D’abord, il n’y a qu’un seul Olympique (Oui, je suis Marseillais et de mauvaise fois…). Plus sérieusement, l’histoire de la L1 ne fait pas des Lyon – Marseille des rendez-vous incontournables. Leur passé commun au sommet du championnat est trop récent, trop lisse, pas assez piquant, pour faire de ce match un classique (le «Clasico» désignant uniquement Barça - Real).

Lyon – Marseille n’est pas non plus un derby puisque la rivalité géographique n’entrera jamais en compte entre deux villes qui se toisent à 300 bornes de distance. Inutile donc de donner une dimension imaginaire à ce match. Il ne le mérite pas. Dimanche, ce sera l’affiche de la 6e journée du championnat et c’est déjà pas mal. Reconnaître l’existence de «l’Olympico» made in Canal peut entraîner de graves dérives. A quand l'apparition du «Maroualico» entre Lille et Valenciennes ou «le Plagico» entre Nice et Bordeaux?

 
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