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06/12/2011

Non, la vidéo n'est pas borderline

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Peu importe son intention cachée. En annonçant l’introduction d’un arbitrage vidéo lors de la prochaine Coupe du monde, Sepp Blatter a peut-être cherché à allumer un contre feu pour étouffer ses propos honteux sur le racisme. Le boss de la Fifa a tout de même lancé les prémices d’une réforme qui devrait changer le football de demain. Le rendre moins incertain, à moins de partager la vision de Michel Platini, le président rétrograde de l'UEFA.

Dans un premier temps, seuls les franchissements de ligne seront examinés par les caméras. Evidemment, c’est un premier pas. Pour les pourfendeurs de la technologie, cela dénature déjà le sport roi. Le premier argument évoqué est celui d’un sport «humain», dont le charme réside dans cette capacité d’appréciation, cette fameuse propension à «refaire le match.» Comme si les enjeux financiers qui régissent le football d’aujourd’hui laissaient encore une place à ces débats et pouvaient tolérer l'injustice. En Coupe du monde, l’Allemagne ne peut plus se permettre de perdre une finale sans savoir si l’Angleterre a effectivement marqué le seul but du match. Les poteaux ne sont plus carrés, mais le jeu tend à le devenir. Le football est aujourd’hui une affaire bien trop sérieuse pour se laisser diriger par quelques paires d’yeux.

Les ayatollahs de la vidéo évoquent aussi le rythme des matchs qu'il ne faudrait pas briser sur un "stop-retour rapide". Consulter, ne serait-ce qu’une minute, les images d’une action, ne prendrait pourtant pas plus de temps que celui qui est dilapidé en contestations. Que se passe-t-il après un but litigieux? Les joueurs lésés hurlent leur frustration auprès de l’arbitre et les tribunes s’enflamment inutilement. En un coup d’œil sur l’écran de contrôle, tout serait réglé dans l’instant, ou presque. Le temps d’attente pourrait même être considéré comme un suspense «acceptable», faisant partie du spectacle. Le rugby ou le tennis ont déjà franchi le pas avec réussite. Le foot ne s’en portera pas plus mal.

01/11/2011

A quoi sert le Ballon d'Or?

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Inutile de faire durer le suspense trop longtemps. Le Ballon d'Or 2011 s'appelle Lionel Messi. Comme en 2009 et 2010, comme lors des deux ou trois années à venir, l'Argentin recevra son trophée dans quelques semaines. Tout le monde applaudira, ressortira la bio déjà connue du "Lutin", et commencera à se demander s'il n'est pas en train de faire un peu d'ombre à Maradona ou Pelé dans l'histoire du jeu.

Au fond, avons-nous vraiment besoin de cette mise en scène de fin d'année? Sûrement pas. Au delà de l'absence de suspense sur l’identité du futur lauréat, la cérémonie du Ballon d’Or pose un problème de fond. Dans un sport où tout n'est qu'interdépendance, collectif, dynamique de groupe, sacrifice et échange avec le partenaire, il est «absurde» de glorifier le travail d'un unique élu. La logique du Ballon d'or consiste à dire qu'il n'y aurait pas de Barça sans Messi. Celle du football veut qu'il n'y aurait de Messi sans Barça.

Un panel en question

Désigner le meilleur joueur de tennis, de golf, ou de bilboquet est bien plus légitime. Classer, hiérarchiser, comparer les athlètes étant l’essence de ces disciplines. Pas celle du football, si ce n’est pour flatter un peu plus l’égo de certains joueurs frappés de "melonite". Quand on s’appelle Ronaldo, Eto’o ou Ibrahimovic, on rêve plus de cette récompense que de titres. L’autre but non avoué de ce type de cérémonie est clairement médiatique. Ce barnum du mois de décembre donne un peu de "biscuit" aux médias à l'approche des fêtes, période d'actualité creuse où les ventes déclinent.

Toute cette mise en scène, depuis l’annonce de la liste des 23 nommés (avec Benzema mais pas Falcao...) jusqu’à la remise du trophée, a un côté inapproprié. Elle récompense le travail d'un joueur sur une année civile, quand le football ne connait que des saisons, de juillet à mai. Le vote est effectué par les 208 sélectionneurs des pays membres de la FIFA, les capitaines des sélections ainsi que 208 journalistes représentant les pays affiliés. En terme de légitimité, ce panel peut être discuté.

Historiquement, le jury – composé jusqu’en 2009 des seuls correspondants de France Football – a quand même laissé sur le bord de la route quelques cadors. Pour une question de règlement, Pelé n’a jamais eu sa chance. Plus récemment, Henry, Maldini, Thuram, Kahn ou Eto’o figurent dans la liste des oubliés quand Sammer ou Owen composent celle des anomalies. Sortir une personnalité d’une équipe, c’est aussi rayer d’office les défenseurs et les gardiens (à un Yachine près), pas assez spectaculaires ou décisifs pour prétendre à la distinction suprême. Tant qu’il n’a pas un genou brisé et danse au sein de la plus belle compagnie de la décennie, Lionel Messi a encore de belles années devant lui.

Les nommés: Eric Abidal (France, FC Barcelone), Sergio Agüero (Argentine, Manchester City), Karim Benzema (France, Real Madrid), Iker Casillas (Espagne, Real Madrid), Cristiano Ronaldo (Portugal, Real Madrid), Daniel Alves (Brésil, FC Barcelone), Samuel Eto’o (Cameroun, Anji Makachkala), Cesc Fabregas (Espagne, FC Barcelone), Diego Forlan (Uruguay, Inter Milan), Andres Iniesta (Espagne, FC Barcelone), Lionel Messi (Argentine, FC Barcelone), Thomas Müller (Allemagne, Bayern Munich), Nani (Portugal, Manchester United), Neymar (Brésil, Santos), Mesut Özil (Allemagne, Real Madrid), Gerard Piqué (Espagne, FC Barcelone), Wayne Rooney (Angleterre, Manchester United), Bastian Schweinsteiger (Allemagne, Bayern Munich), Wesley Sneijder (Pays-Bas, Inter Milan), Luis Suarez (Uruguay, Liverpool), David Villa (Espagne, FC Barcelone), Xabi Alonso (Espagne, Real Madrid), Xavi Hernandez (Espagne, FC Barcelone).

 
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