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20/10/2011

Kombouaré, la résistance venue du banc

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A vrai dire, il ne devrait pas vraiment être là. Telle une patelle cramponnée à la coque d'un bateau, Antoine Kombouaré tient toujours le choc, trois mois et demi après l'arrivée des investisseurs qataris. Le coach Kanak est le principal survivant du coup de balai estival opéré par les nouveaux propriétaires. Toujours très droit, parfois sur la défensive, il ne bronche pas depuis le début du championnat malgré les contraintes auxquelles il est confronté. Leonardo décide, Kombouaré applique.

En Ligue 1, l’entraîneur parisien est le seul qui n’ait pas choisi ses recrues, subit la pression des résultats et voit débouler au mois d’octobre un nouveau membre dans son taff. Angelo Castellazzi est le dernier appelé de Leonardo qui a débauché ce «préparateur tactique» en Italie. Récapitulons. Autour de lui, Komboaré a donc un adjoint, Yves Bertucci, qui anime généralement les séances d’entraînement. Un entraîneur des gardiens qui gère la guéguerre entre Douchez et Sirigu. Trois préparateur physique, un responsable du recrutement (Alain Roche), un directeur sportif (Leonardo) et maintenant un tacticien. Finalement, il ne reste plus grand-chose au coach, si ce n’est le pouvoir de dresser ses compos d’équipe.

De moins en moins de pouvoir

Pour faire bonne figure, Kombouaré a minimisé mercredi le rôle de son nouveau collègue. «Avec nous, il vient pour tous les montages vidéo concernant nos adversaires ou des joueurs que je supervise. En tout cas, il ne vient pas parler de tactique avec moi». Tiens donc. Dans ce cas, pourquoi aller chercher quelqu’un de l’autre côté des Alpes? Petit à petit, la marge de manœuvre du Kanak s’amenuise. Mais tant que les résultats parlent pour lui, l’entraîneur parisien est à l’abri.

«En début de saison, je ne devais pas être là, c'était compliqué, donc forcément je prends match par match», expliquait-il, avec un certain courage, avant le dernier match de championnat. La donne est toute simple: «Plus on gagne, plus je suis fort, plus je conforte ma position.» Pour combien de temps? A priori, l’histoire du PSG version qatari ne s’écrira pas à long terme avec lui. Du côté du Golfe, on rêve d’un coach de grand standing. Même s’il a dix ans de métier, Kombouaré n’en n'est pas un. C’est un entraîneur respecté, mais pas encore reconnu. Le trait d’union entre le Paris d’hier et celui des nouveaux riches prépare sûrement le terrain à un grand nom. Mais tant que son équipe mène le train de la L1 et amasse les victoires, on voit mal les dirigeants se séparer de trop vite de lui. Attention quand même, puisque le mois de novembre se profile. Traditionnellement celui de tous les dangers à Paris.

19/09/2011

Il a toujours la clé, Deschamps

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C’est toujours la même histoire avec l’OM. L’équipe gagne trois matchs, René Malleville danse à poil sur le Vieux Port. Elle en perd trois autres, il traite l’ensemble de l’équipe comme une vulgaire cagole. D’accord, Marseille est dernier après six journées. Cela fait bien tâche, surtout quand on vise le titre de champion. Mais de là à s’interroger sur l’avenir de Didier Deschamps, je trouve la réflexion disproportionnée. Voilà au moins quatre raisons de ne pas se séparer de lui. Ou de l’inciter à poursuivre un peu plus longtemps l’aventure, s’il n’en a plus l’envie.

Laisser sa chance au produit. Peut-on réellement condamner un coach après six matchs de championnat? Bien sûr que non, cela n’a pas de sens, surtout quand l’intéressé s’appelle Deschamps. Oui, «La Dèche», celui qui a réappris à l’OM à gagner en lui offrant cinq titres en deux ans. Effacer son bilan (60v, 26n, 21d soit plus de 50% de victoires en L1) pour une série malheureuse serait une aberration. Sus à l’obligation de résultats permanente. A l’intersaison, cette équipe a été remodelée. Elle a besoin d’une phase de rodage prolongée, d’un petit déclic, voire d’un peu plus de réussite pour décoller. Il serait totalement inapproprié de renouer avec la mauvaise habitude des «entraîneurs Kleenex», ces coachs dont la durée de vie n’excédait pas six mois sur le banc marseillais.

Pas d’erreur majeure. Excepté un bilan comptable assez maigrichon, Deschamps n’a pas grand-chose à se faire reprocher. En tout cas, pas de faute grave justifiant une remise en question de son travail. Pour l’instant, son groupe ne l’a pas lâché. Il n’a pas commis d’impair vis-à-vis des supporters et n’a pas perdu de rencontre à enjeu majeur. Bref, il n’y a que sur le plan du recrutement que les faits ne lui donnent pas raison (pour le moment). Alou Diarra, à côté de ses pompes depuis deux mois, ne justifie pas l’entêtement de Deschamps pour obtenir sa signature. On peut aussi lui reprocher la gestion du cas Lucho, à qui il a ouvert la porte, sans vraiment le laisser partir. Encore faut-il prouver que c’est la cause des errements actuels de l’OM.

Un départ trop onéreux. Economiquement, la question du licenciement de Deschamps est vite balayée. Et tant mieux. Virer DD, c’est lui rembourser trois années et demi de salaire, puisque le coach marseillais a prolongé de deux ans en fin de saison dernière. A 250.000 euros mensuels (chiffre dévoilé dans le JDD), la facture est beaucoup trop salée pour l’OM. Lâcher un peu plus de huit millions pour se séparer d’un salarié n’est pas dans les habitudes de la maison. En revanche, La Dèche peut très bien décider lui-même de s’en aller. Il l’a déjà prouvé à Monaco ou à la Juventus par le passé.

Il n’y a pas mieux que lui. C’est sympa de sceller le sort de Deschamps, mais pour le remplacer par qui, au juste? Mourinho, Guardiola, Ancelloti? Dommage, les Qataris ont choisi le PSG et les fantasmes des uns ne sont sûrement pas ceux des Marseillais. S’il s’en va, Marseille piochera au Pôle Emploi. Et sur le marché, il n’y a pas grand monde. Les serpents de mers habituels nous offrent Gerets, Halilhodzic, Lippi ou Baup. Est-ce réellement mieux que Deschamps? Pas du tout sûr.

15/09/2011

Simone à Monaco, le mélange des genres qui dérange

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Il y a des casquettes qui s’accordent mal avec un costume de coach. Rien à voir avec le look, c’est l’éthique qui pose problème. Le cas Marco Simone est l’exemple type d’un mélange des genres un peu douteux. Celui qui était encore agent il y a une semaine semaine se retrouve parachuté sur le banc de touche de Monaco, laissé libre après la mise à l'écart de Laurent Banide. Qu’il n’ait ni diplôme, ni expérience, cela ne regarde que ses dirigeants. En revanche, il est vraiment gênant de donner les commandes d’un club à un acteur qui ne jouit pas une totale indépendance.

Deux syndicats français d’agents se sont d’ailleurs plaints devant la FFF. D’après les textes, on ne peut devenir entraîneur qu’un an après avoir rendu sa carte d’agent. Or Simone en possèdait une en Italie très récemment. Le conflit d’intérêt n’est pas loin. Un coach ayant défendu les intérêts de joueurs peut difficilement effectuer un recrutement «innocent». Même si c’est le cas, les suspicions entoureront toujours le moindre de ses agissements. Pourquoi fait-il jouer tel attaquant plutôt qu’un autre? Pourquoi laisse-t-il au repos ce défenseur dont l’agent travaille dans le même cabinet d’avocat que son ancien collaborateur? Recrute-t-il des joueurs pour leur valeur ou touche-t-il toujours certaines commissions?

Luxembourgo et les joueurs à une sélection

Quand un entraîneur en poste travaille également comme consultant, la question se pose. Mais là, la donne est encore différente. Les deux fonctions requièrent toutes deux une totale indépendance. Parfois, cela va même plus loin, comme le montrent les «doutes» nés récemment autour de Laurent Blanc. Le sélectionneur a un agent, Jean-Pierre Bernès, qui lui-même chapeaute une partie des joueurs de l’équipe de France (Menez, Diarra, Matuidi, Ribéry et récemment, Gourcuff). Selon L’Equipe, certains Bleus se seraient plaints à demi-mots du traitement réservé aux joueurs de cet agent.

On est pourtant encore loin du cas Luxembourgo. Son passage à la tête du Brésil correspond avec la prolifération des joueurs à une sélection. Normal, l’ex-sélectionneur copinait avec un agent qui savait sûrement le remercier pour ses choix loins d'être innocents. S’il y un arrivage de joueurs italiens au mercato d'hiver à l'ASM, il faudra peut-être se poser quelques questions.

 
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