Avertir le modérateur

05/08/2011

Lutte antidopage et vie privée, le clash

663963-8011909-317-238.jpg

Quelques questions toutes bêtes pour commencer. Savez-vous ce que vous ferez demain à 18h? Et la semaine prochaine à la même heure? Et dans un mois? Et dans trois mois? Personnellement, j’ai du mal à y répondre. C’est pourtant ce que doivent spécifier tous les sportifs français susceptibles de subir un contrôle antidopage. Yoann Huget, qui n’a donc pas bien rempli son formulaire, l’a payé très cher en faisant une croix sur la prochaine Coupe du monde. La sanction est lourde. Mais le joueur de Bayonne connaissait les règles du jeu. En tant que sportif de haut niveau, il se doit de répondre aux appels inopinés des contrôleurs de l’Agence française antidopage. A trois reprises, ceux-ci ont sonné chez lui. Il n’y était pas.

Il n’est pas question d’excuser le garçon, qui évoque une certaine légèreté par rapport à l’importance du système de localisation. Huget a loupé trois contrôles en moins de dix-huit mois. Cela fait beaucoup. Mais il faut bien saisir les contraintes auxquelles sont soumis les sportifs aujourd’hui. A toute heure du jour et de la nuit, les flics de la piquouze doivent savoir où les trouver. Imaginez. Quinze jours avant le début d’un trimestre, il est demandé à chacun de remplir sur Internet (via un logiciel nommé Adams) leur emploi du temps des trois mois à venir. Entraînements, repos à domicile, visite à la grand-mère, vacances, enterrement de vie de garçon, escapade chez une maîtresse. Tout doit apparaître. Peu importe si le sportif a une vie privée. Au nom de la lutte antidopage, celle-ci doit s’effacer.

Une casquette de sportif et d'agent administratif

Heureusement, certaines modifications sont possibles. Mais pas à la dernière minute. D’après les textes, tout changement doit être signalé au plus tard, la veille avant 17h. Lors de l’un de ses «no show» ou contrôle raté, Huget participait à une séance photo calée sur le tard. Il avait bien prévenu l’AFLD, mais le matin même, par mail, et ignorait que les contrôleurs éteignaient leur ordinateur la veille. Le Bayonnais a aussi eu la malchance de faire partie d’un groupe cible de six rugbymen. William Servat, qui n’appartient pas à cette catégorie, avouait qu’il ne rendait de comptes qu’à sa femme. Les contrôleurs peuvent toujours le chercher, ils ne connaissent rien de ses allers et venues.

Les autres sportifs sont donc fliqués, chose qu’aucun autre corps de métier n’accepterait. Le premier à s'insurger s'appelle Rafael Nadal: «Ce n’est simplement pas juste d’être ainsi persécuté. Nous avons l’impression d’être des criminels. Même ma mère ne sait pas où je me trouve chaque jour.» Je me souviens aussi du coup de gueule des footballeurs de L1, lors de l’instauration de ce système (celui-ci ne concerne que les capitaines). En plus de porter atteinte à leur vie privée, cette mesure est clairement inapplicable au plus haut niveau. «Le fait d’être contrôlé ne me dérange pas. La contrainte, c’est que je dois m’occuper de tout, regrettait en 2009 Frédéric Da Rocha. L’horaire de l’entraînement change souvent, je dois le signaler avant 17h. En plus d’être footballeur, il faut que je rentre dans l’administration.» Et là, on en demande vraiment trop à des sportifs de haut niveau.

13/07/2011

Si Kolobnev pouvait passer à la caisse...

1045383_kolobnev.jpg

Le Tour de France est bien lancé. Aucun doute là-dessus, le premier cas de dopage a même été recensé. Après une année blanche, Alexandr Kolobnev a donné un peu plus d'épaisseur à la listes des dopés du Tour. Une histoire de diurétique paraît-il et à chaque fois la même désolation. Ce n'est donc pas fini. Il y a toujours quelques «brebis galeuses» répètent souvent les directeurs sportifs français. Celle-ci doit maintenant répondre de ses actes devant ses dirigeants. Dans son règlement intérieur, l'équipe Katusha est claire. Tout coureur dopé doit s'acquitter d'une amende cinq fois supérieure à son salaire annuel. Dans le cas de Kolobnev, qui émarge à 450.000 euros par saison, cela correspond quand même 2,25 millions d'euros d'amende. Pas assez dissuasif visiblement pour ce tricheur, abonné aux podiums mondiaux, olympiques et aux places d'honneur sur les classiques. Le bonhomme est très rarement vainqueur.

En cas de confirmation des résultats d'analyse de l'échantillon B, il sera intéressant de suivre l'attitude des dirigeants de Katusha. Suivront-ils réellement à la lettre leur règlement? Ce serait un geste fort, tant la pratique est rare dans le monde du vélo. Récemment, Aurélien Duval, un coureur français actuellement suspendu (viré de la Française des Jeux), me disait qu'il n'y avait pas d'autre solution pour résoudre le problème. Il faut frapper le porte feuille des coureurs. Il paraît que c'est là que ça fait vraiment mal. L'UCI avait tenté en 2007 d'instaurer le remboursement des gains et salaires dans une charte. Mais devant le TAS, Alexandre Vinokourov, coupable d'autotransfusions, avait fait voler ce principe en éclat. Illégal. Il appartient donc aux équipes elles-mêmes de définir leur politique d'amendes. Sur le papier, Katusha l'a fait. Son coureur doit maintenant payer.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu