Avertir le modérateur

06/12/2011

Non, la vidéo n'est pas borderline

but-refuse-pour-l-angleterre-allemagne-2-2-cdm2010.jpg

Peu importe son intention cachée. En annonçant l’introduction d’un arbitrage vidéo lors de la prochaine Coupe du monde, Sepp Blatter a peut-être cherché à allumer un contre feu pour étouffer ses propos honteux sur le racisme. Le boss de la Fifa a tout de même lancé les prémices d’une réforme qui devrait changer le football de demain. Le rendre moins incertain, à moins de partager la vision de Michel Platini, le président rétrograde de l'UEFA.

Dans un premier temps, seuls les franchissements de ligne seront examinés par les caméras. Evidemment, c’est un premier pas. Pour les pourfendeurs de la technologie, cela dénature déjà le sport roi. Le premier argument évoqué est celui d’un sport «humain», dont le charme réside dans cette capacité d’appréciation, cette fameuse propension à «refaire le match.» Comme si les enjeux financiers qui régissent le football d’aujourd’hui laissaient encore une place à ces débats et pouvaient tolérer l'injustice. En Coupe du monde, l’Allemagne ne peut plus se permettre de perdre une finale sans savoir si l’Angleterre a effectivement marqué le seul but du match. Les poteaux ne sont plus carrés, mais le jeu tend à le devenir. Le football est aujourd’hui une affaire bien trop sérieuse pour se laisser diriger par quelques paires d’yeux.

Les ayatollahs de la vidéo évoquent aussi le rythme des matchs qu'il ne faudrait pas briser sur un "stop-retour rapide". Consulter, ne serait-ce qu’une minute, les images d’une action, ne prendrait pourtant pas plus de temps que celui qui est dilapidé en contestations. Que se passe-t-il après un but litigieux? Les joueurs lésés hurlent leur frustration auprès de l’arbitre et les tribunes s’enflamment inutilement. En un coup d’œil sur l’écran de contrôle, tout serait réglé dans l’instant, ou presque. Le temps d’attente pourrait même être considéré comme un suspense «acceptable», faisant partie du spectacle. Le rugby ou le tennis ont déjà franchi le pas avec réussite. Le foot ne s’en portera pas plus mal.

23/10/2011

Le bilan non officiel de la Coupe du monde

rugby,coupe du monde,équipe de france,morgan parra,christian jeanpierre,nouvelle-zélande,kiwis

La grande leçon: Produire du jeu ne sert pas toujours à grand-chose. Les Bleus l’ont prouvé à chacun de leurs matchs, jusqu’à la finale. La seule fois où ils ont proposé quelque chose de correct, ils se sont fait battre, contre les Blacks. Sans projet de jeu cohérent et lisible, cette équipe s’est arrêtée à un petit point du titre, prouvant que le mérite est un concept mal adapté au sport de haut niveau. Mais comme le dit Christophe Dominici «il aurait aussi été dommage de voir une équipe perdre deux matchs de poule devenir championne du monde.»

La phrase: «Les sales gosses individualistes» de Marc Lièvremont nous ont quand même bien fait marrer pendant deux mois. Juste après la victoire contre les Gallois, le sélectionneur français a lâché cette petite pique, sans vraiment préciser sur quel ton il fallait prendre la boutade. Même si c’était de l’humour, il y avait un fond de sincérité dans la bouche de «Mister Moustache», lâché en pleine compétition par une partie (la totalité?) de son groupe. Il était temps que l’aventure se finisse pour tout le monde.

Le coup de cœur: Comment oublier les regards chambreurs de ces guerriers tatoués, prêts à vendre leur mère pour bouffer les Bleus en mêlée? Venus d’un pays grand comme sept fois Paris (plages comprises) et moins peuplé que la Creuse, les coéquipiers de Finau Maka ont donné le tournis à la France en lui infligeant l’une des défaites les plus humiliantes de son histoire. Si après ça quelqu’un ose encore confondre les Tonga avec une culotte...

Le chiffre: Avec leur place de finalistes, les coéquipiers de Vincent Clerc ont quand même fait une belle faire. Tous toucheront 140.000 euros pour ces deux mois de compétition en guise de prime de résultat. S’ils étaient devenus champions du monde, ils auraient récupéré 180.000 euros chacun. A côté de ça, les Blacks toucheront entre 55.000 et 96.000 euros chacun.

L'image: Incontestablement le plaquage cathédrale de Sam Warburton sur Vincent Clerc, renversé comme un vulgaire sac de sable en demi-finale. Ippon, sur les cervicales et exclusion directe. L'image est spectaculaire mais elle illustre aussi le destin miraculeux de cette équipe de France jusqu'en finale.

Le martyre: Il ne s’agit pas de «panthéoniser» Christian Jeanpierre à son retour en France. Mais pour tout ce qu’il a enduré à distance, pour toutes les critiques qu’il a essuyé de l’autre côté du poste, le commentateur de TF1 a droit à sa statue. Même s’il nous a gratifié de quelques envolée partisanes et quelques approximations, il ne méritait sûrement pas un tel acharnement.

L’arnaque: L’arbitrage «exemplaire» du rugby a quand même pris un pris un bon coup de pied au cul pendant cette Coupe du monde. On peut vanter les bienfaits de la vidéo ou la pédagogie des hommes de l’IRB, chaque rencontre se termine sur des désaccords en fonction de l’appartenance de l’arbitre à un Hémisphère ou l'autre. Sans oublier la tendance de certains à verser dans l’arbitrage «maison». N’est ce pas Monsieur Joubert?

Le Frenchy: S’il y a bien un joueur qui incarne l’esprit guerrier des Bleus, c’est Morgan Parra. L’ouvreur inattendu a donné de sa personne à chaque match, plaquant à tout va, y compris les gros bras. Malgré ses 80kg, il s’est frotté aux sans réfléchir aux chars d’assauts anglais puis gallois. Le tout en assurant son rôle de buteur, malgré un traumatisme cervical. Dommage qu’il ait rendu les armes au tout début de sa finale, sacrifié sur un coup de genou fatal.

16/10/2011

Non, les Bleus n'ont pas à s'excuser

rugby, Coupe du monde, XV de France, finale, Galles, victoire,

Le rugby est donc un sport assez mal fichu pour qu’une équipe se hisse en finale de Coupe du monde en réalisant un seul bon match. Pardon, une bonne première mi-temps contre l’Angleterre en quart de finale, et puis basta. Il faut bien reconnaître que tout le reste relève du «passable». Avant de viser une première victoire finale dimanche, les Bleus n’ont jamais impressionné, encore moins régalé. La presse et les supporters français n’ont d’ailleurs pas manqué de le rappeler à ceux qui sont officieusement surnommés «les Escrocs».

Que dire de la victoire face à Galles en demi-finale? Qu’elle est sûrement «l’une des plus laides de l’histoire de la Coupe du monde», a reconnu Marc Lièvremont. Samedi matin en France, pas un klaxon dans les rues, mais beaucoup de discours du type: «Si avec ça, on n’est pas cocus…» Encore une fois, impossible de sauter au plafond, comme si en matière de sport co, le public français était devenu de plus en plus exigeant.

Pour voir du spectacle, allez au cirque

Habitués au foie gras avec les handballeurs depuis trois ans, il régurgite désormais la moindre mousse de canard. Non seulement l’équipe de France doit gagner, mais elle doit y mettre la manière. Comme si un succès sans panache ni cotillons n’avait aucune saveur. Parfois, il faut pourtant se contenter de peu, reconnaître que «seule la victoire est belle», sous peine de passer pour un public d’enfants gâtés. «Si vous voulez du spectacle, allez au cirque», affirmait d’ailleurs un ancien grand penseur de L1 (Pablo Correa).

Comme beaucoup, j’ai commencé à taper sur cette équipe après la qualification pour la finale. Puis je me suis demandé ce qui pouvait trotter dans la tête d’un supporter anglais dans pareil cas. Chez lui, le sentiment de fierté national est inné et il ne risque pas de s’auto flageller. Pas la peine d’être «beau» pour être étiqueté «winner». Bien jouer n’est pas un gage de victoire, sinon France 98 n’aurait jamais existé. Les historiens ne retiennent que les résultats. Rarement la manière. Dimanche prochain, les Bleus ne devraient pas découvrir le rugby champagne pour être sacrés champions du monde. Et ils n’auront pas à s’excuser.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu