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14/11/2011

Que valent les huit titres de Loeb?

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En sport automobile plus que dans toute autre discipline, il n’est jamais très conseillé de remettre la hiérarchie en question. On touche à des marques, investissant souvent beaucoup d’argent dans des équipes formatées pour gagner. Depuis huit ans, Sébastien Loeb fait le travail qui lui est demandé chaque année, sans que sa domination soit réellement contestée. L’octuple champion du monde est désormais l’un des sportifs préférés des Français, décoré de la légion d’honneur et statufié au musée Grévin.

En attendant la canonisation, même Parker, Chabal ou Tsonga semblent largués. Pour un athlète sacré dans une discipline aussi confidentielle que le rallye, la performance est remarquable. Notons que Loeb est le premier champion du monde français dont personne n’a jamais vu une prestation en direct à la télé. Le rallye reste un sport de niche, pratiqué par une poignée de licenciés, le dimanche sur des courses de village. Vous ne connaissez pas Ogier, Hirvonen ou Latvala, pas de panique. Pour citer le nom d’un seul adversaire de Loeb, il faut être un expert. Et encore, «adversaire» est un bien grand mot.

Le Patrice Martin de l'automobile

Les réserves émises par Didier Auriol, dans une interview à 20minutes.fr, sonnent juste. Le champion du monde 94, un poil aigri, invite à relativiser le «grand huit» de Loeb qui ne connaît pas la concurrence. Il ne dit pas qu’il lui suffit d’appuyer sur la pédale d’accélération pour gagner, mais depuis plusieurs saisons, personne n’est en mesure de contester sa suprématie. Pour quelles raisons? Parce qu’il conduit la meilleure voiture, appartient au meilleur team, et n’a pas en face de lui assez de pilotes talentueux pour l’inquiéter.

Le jour où le rallye sera un sport universel, ouvert à tous, y compris les moins fortunés, la donne sera différente. Aujourd’hui, Loeb est le fer de lance d’un petit groupe de pilotes assez aisés pour bénéficier d’un volant. Que vaut son palmarès? Pas plus que celui de Patrice Martin, qui dans un sport tout aussi élitiste et confidentiel (le ski nautique) a cumulé 12 titres mondiaux. Idem pour Pascal Briand, l’octuple champion du monde de roller en ligne, ou Daniel Morelon lui aussi sacré huit fois au niveau mondial en cyclisme sur piste. Ces ex-champions peuvent êtres jaloux des lauriers tressés à Loeb. Et regretter de ne pas avoir fait le choix, plus jeune, d’un sport où les sponsors sont tout puissants.

03/11/2011

Ils n'ont pas tué Kelly

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S’il était pilote automobile, on parlerait de lui comme de Sébastien Loeb ou de Schumi. Kelly Slater est au surf ce que Mark Knopfler est à la guitare ou Paul Bocuse à la soupe aux truffes. Une légende. A 39 ans, l’Américain a donc décroché jeudi son onzième titre mondial sur les vagues californienne. Record mondial et salve d’applaudissements pour ce champion hors norme qui surfe comme personne sur les océans et les records. Surtout les records, lui, le plus jeune champion du monde en 1992. Le plus vieux aujourd’hui, avec ses 48 victoires sur le circuit World Tour.

Une telle longévité force le respect dans un sport où la jeunesse imposerait bien sa loi. Faites le test avec n’importe quel amoureux des tubes et des rouleaux. Parlez-lui de «Kelly», ses yeux s’illuminent. On touche là à la grâce, au Poséidon de la glisse, de l’empire Quicksilver aussi. Pour arriver au sommet Slater n'a rien inventé. Comme Jeannie Longo, le surfeur au regard translucide mène sa barque avec l’ascétisme d’un moine bouddhiste. Slater, c’est la victoire des efforts calculés, de la rigueur permanente. «Je pèse le même poids qu’à 18 ans, 72 kg, confiait-il récemment dans une interview à L’Equipe. Je n’ai pas pris de gras, juste du muscle…»

«Je fais attention à mon alimentation. Je mange peu en règle générale. Parfois il m’arrive de faire une diète de 10 jours… Je suis très passionné par tout ce qui relève de la santé et de la longévité. Quand j’aurai 50 ans, je veux être plus fort que je ne le suis aujourd’hui.» Et tout ça sans injection de DHEA, excitant, ou plongeon dans la fontaine de jouvence.

Cet homme fascine d’abord parce qu’il est différent. C’est l’anti Andy Irons, son ancien grand rival à la vie de rock star, adepte des cocktail drogue – alcool, mort l’année dernière de la dengue. Slater lui a dédié ses deux derniers titres. Respectueux, malin, parfois paternaliste avec les nouveaux venus. Les mots de l'icône, ancien compagnon de Pamela Anderson, résonnent différemment à l’oreille des surfeurs en devenir. Voilà peut-être pourquoi le «King» ne mentionne pas immédiatement ses onze titres mondiaux quand il se retourne sur ses années au plus haut niveau. Sa plus grande fierté? Etre resté «clean» toute sa vie confie celui qui, années après années, parvient à rester le roi incontesté de sa discipline, sans jamais faire de vagues. Il fallait oser.

01/08/2011

David Trezeguet en L1? Faut pas rêver

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Comme le thon rouge en Méditerranée, le champion du monde 98 est une espèce menacée. Avec Pirès et Henry, David Trezeguet est le dernier représentant de cette caste dorée. A bientôt 34 ans, le buteur à barbichette ne cracherait pas sur un dernier contrat en Ligue 1. L’ancien de la Juve et d’Hercules Alicante est libre et tient toujours la forme. Depuis la reprise, il se prépare avec l’AS Monaco où il ne refuse jamais une interview titrée «Je ne suis pas fini» ou «Je peux encore aider un grand club français». La réalité du marché des transferts est un peux plus compliquée. En L1, les clubs capables d’attirer Trezegoal ne sont finalement pas si nombreux.

Un club à la recherche d’un buteur. Mis à part le PSG, il n’existe pas en France de club capable de dépenser sans compter. Tout investissement est réfléchi, surtout s’il concerne un joueur du secteur offensif où les erreurs de castings sont souvent mal digérées. Avec Hoarau, le PSG a déjà le clône de Trezeguet, la jeunesse et les jambes en plus. Idem pour Lille qui s’en tire plutôt bien avec Sow et De Melo. Lyon aurait pu renforcer son arsenal. Mais Bernard Lacombe a poliment refusé. Avec Lisandro, Gomis et Briand, il compte déjà trois attaquants majeurs. Derrière, Belfodil et Lacazette se tiennent prêt. Pas la peine non plus de toquer aux portes de Toulouse et Montpellier. Le TFC a déjà mis la main au porte-monnaie (Rivière) et les Héraultais possèdent de quoi continuer à vivoter (Giroud, Utaka). Officiellement, seul l'OM attend encore un buteur et celui-ci devrait débarquer sous forme de prêt (économies obligent). Bordeaux pourrait aussi se renforcer, tout comme Brest en cas de départ de Roux. Sur le papier, Auxerre, Lorient, Rennes et Saint-Etienne auraient aussi besoin d’une recrue capable de marquer.

Principaux clubs éliminés: Lyon, Montpellier, Paris, Toulouse.  

Un club qui a les moyens. L’an dernier, l’ancien Bleu touchait encore 2,5 millions d’euros par an et même s’il consent un gros effort financier, son salaire reste prohibitif pour la majorité des clubs français. Nice aurait bien fait de lui sa star cette saison. Mais vu les prétentions du bonhomme, le club s’est vite ravisé. «Le minimum salarial d'un joueur excède parfois le maximum possible d'un club», regrette Eric Roy. Dans des clubs comme Auxerre ou Sochaux, qui pratiquent une sorte de «salary cap» local, la réflexion est à peu près identique. Même s’ils cassaient leur tirelire et faisaient de l’ancien champion du monde un cas particulier, ils s’exposeraient à un risque: susciter les jalousies dans un vestiaire peu habitué aux passe-droits et avantages particuliers. Supporters d'Ajaccio ou Sochaux, vous pouvez aussi arrêtez de rêver.

Principaux clubs éliminés: Ajaccio, Auxerre, Nice, Saint-Etienne, Sochaux.  

Un club d’un certain standing. Où Trezeguet passe-t-il ses vacances actives? A Monaco, son club formateur, mais aussi la ville des footeux bling-bling. C’est un détail, mais le CV du joueur a presque l’allure d’un guide touristique. Trezeguet a toujours joué au soleil, dans régions où il fait bon vivre (Côte d’Azur, Piémont, Costa Blanca…) Je l’imagine mal franchir la Loire pour la première fois de sa vie. Et puis Monsieur est exigeant. Il pourrait effectuer son come-back à l’ASM comme devrait le faire Giuly? Pas question. A 33 ans, il assure avoir quelques années devant lui et s’imagine encore planter quelques buts en Coupe d’Europe. Cela limite de fait la palette des points de chute. Même si certains ont vu Bernard Diomède s’éteindre en catimini à Clermont, un champion du monde exige toujours un certain standing.

Principaux clubs éliminés: Brest, Caen, Dijon, Evian, Lorient, Valenciennes.

On l'a compris, le retour de Trezeguet en L1 est peu probable. Bordeaux, Marseille ou Rennes seraient les mieux placés pour l'accueillir, mais ne devraient pas donner suite. Pour le moment, les appels du pied du joueur lui offrent une belle visibilité auprès des dirigeants et agents aux aguets. Cela l’aidera peut-être à signer un nouveau contrat... à l’étranger.

 
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