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09/11/2011

Bâillonner Dugarry c'est du gâchis

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Jusqu’où peut aller un consultant télé? Quelle est la légitimité d’un ancien joueur quand il porte un jugement sur un club en détresse? Ne doit-on pas livrer un avis personnel sur un sujet sensible? Voilà quelques-unes des questions soulevées par la fausse «affaire Dugarry» cette semaine. Pour avoir dit ses quatre vérités sur la situation des Girondins de Bordeaux, son club formateur, «Duga» se fait remonter les bretelles de tous les côtés. Le meilleur consultant français n’aurait donc plus le droit de parler, quand cela risque de fâcher.

Dans Sud-Ouest, le champion du monde 98 a simplement dit tout haut ce que tout le monde sait déjà. Ce club est à l’agonie depuis deux ans et pour ne pas le voir sombrer comme Monaco ou Lens, Duga a émis l’idée d’embaucher un directeur sportif, en raison des choix totalement hasardeux du club en matière de recrutement. Pour aider les Girondins, le consultant phare de Canal+ s’est même dit prêt à enfiler la casquette de président. La petite phrase, issue dans une interview à L’Equipe n’est sûrement pas à prendre au pied de la lettre. Dugarry n’est pas un opportuniste ayant l’intention de piquer la place de Jean-Louis Triaud. Juste un amoureux de Bordeaux, qui, dans un élan de générosité, a fait parler son cœur, lâchant un très amusant «donnez moi le poste!»

Finesse, expertise et honnêteté

Au sein du club, cela n’a visiblement pas plu. Michael Ciani l’a pris comme une «provocation». Nicolas De Tavernost, l’actionnaire principal, a répondu par le sarcasme, affirmant qu’en tant que «journaliste», Duga pourrait très bien postuler à la direction des sports de Canal. Au delà de la moquerie, l’homme fort des Girondins a tout faux. Il oublie d’abord qu’en tant que consultant, Christophe Dugarry a un droit de parole, surtout sur les sujets qu’il connaît si bien. Tant pis si cela ne plaît pas aux personnes concernées. La légitimité, il l’a aussi. Ancien international, champion du monde, passé par le Barça, Milan ou Marseille, voilà qui fait de lui l'un des hommes de micro les plus crédibles.

Sur les terrains, «Dugachis» était aussi le premier à essuyer les critiques, parfois violentes. Cela donne aujourd’hui un peu plus de poids à ces remarques, toujours justes, fines et honnêtes. Quand Dugarry parle, on aimerait souvent lui répondre: «Ah bah oui...» Dans son rôle, il est l’un des meilleurs en France, tous sports confondus, parce qu’il n’hésite pas à livrer son analyse, souvent très incisive. Je me souviens d’une époque où on l’accusait d’être pro-bordelais, anti-parisien, marseillais ou je en sais quelle autre ineptie. L’épisode actuel prouve qu’il possède une indépendance d’esprit. Avec sa faculté d’analyse et son franc-parler, il tranche tout simplement avec la majorité des consultants du PAF, aussi ennuyeux à l'antenne qu’un prêtre en fin de messe. Alors, pour le bien des téléspectateurs, laissez parler Christophe Dugarry.

17/09/2011

Olympico ou Olym...pipeau?

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Historiquement, Canal+ a beaucoup apporté à la L1. Mais la chaîne aurait pu se passer de l’invention du mot «olympico», un soir de 2010 me semble-t-il. Un an auparavant, l’OM et Lyon ont eu la mauvaise idée de faire péter tous les compteurs lors d’un 5-5 assez mémorable, il faut l’avouer. Dix buts en un match, cela fait tourner les têtes. Dans la foulée, ça brainstorme à Canal. Comment surfer sur cette orgie de buts dans les années à venir? Nommer l’événement pardi, comme la fête de la Sainte Barbe ou la Chandeleur, il y aura «l’Olympico», puisque c’est le néologisme grotesque qui a été retenu.

D’une manière générale, je suis pour l’invention de nouveaux concepts, les expressions revisitées ou les clichés détournés. Pourtant là, quelque chose me gêne. On sacralise un non événement, ce qui revient à prendre le téléspectateur pour ce qu’il n’est pas: un amateur de spectacle avant d'être un fan de sport. Que représente Lyon – Marseille? Un choc entre deux grosses équipes de L1 et rien d’autre. Parler d’«Olympico» est un abus de langage à plusieurs titres. D’abord, il n’y a qu’un seul Olympique (Oui, je suis Marseillais et de mauvaise fois…). Plus sérieusement, l’histoire de la L1 ne fait pas des Lyon – Marseille des rendez-vous incontournables. Leur passé commun au sommet du championnat est trop récent, trop lisse, pas assez piquant, pour faire de ce match un classique (le «Clasico» désignant uniquement Barça - Real).

Lyon – Marseille n’est pas non plus un derby puisque la rivalité géographique n’entrera jamais en compte entre deux villes qui se toisent à 300 bornes de distance. Inutile donc de donner une dimension imaginaire à ce match. Il ne le mérite pas. Dimanche, ce sera l’affiche de la 6e journée du championnat et c’est déjà pas mal. Reconnaître l’existence de «l’Olympico» made in Canal peut entraîner de graves dérives. A quand l'apparition du «Maroualico» entre Lille et Valenciennes ou «le Plagico» entre Nice et Bordeaux?

 
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