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24/07/2011

Le bilan non officiel du Tour de France

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Photo Reuters

Il y a le jaune d'Evans, le vert de Cavendish, les pois de Sanchez et le blanc de Rolland. Mais au-delà des classements officiels, on retiendra d'autres images de ce Tour 2011. La distribution de maillots n'est pas terminée.

Maillot blanc à croix rouge de la plus belle chute. Johnny Hoogerland. Imbattable dans sa catégorie, le coureur néerlandais l'emporte devant Vinokourov et son fémur brisé. Dégommé par une voiture de France Télés comme une vulgaire quille de bowling, il a marqué ce Tour par sa capacité à surmonter la douleur. Jusqu'à l'année prochaine, ses fesses lacérées et ses 33 points de suture vont nous manquer.

Maillot transparent du coureur le plus discret: Kostyuk, Longo, Gerrans, Ruijgh. Ces coureurs ne vous disent rien? C'est normal. Ils se sont planqué pendant trois semaines. Leur nom n'a pas été prononcé une seule fois à l'antenne. La prochaine fois, restez à la maison les gars.

Maillot rose bonbon de l'équipe la plus sympa: Saur Saujasun. La seule formation dont on voit plus le maillot dans «En attendant le Tour» sur France 2 que pendant la course. Toujours accueillants, y compris pendant leur échauffement en contre-la-montre, les coureurs de la petite équipe française méritent bien le maillot de la sympathie. En revanche, côté vélo...

Maillot noir du bad boy: Mark Cavendish. Fidèle à lui-même, il a fait le spectacle pendant les sprints, mais aussi en conférence de presse. Cette année le Cav s'est lâché sur un journaliste, pas tendre à son sujet: «Essayez de vérifier vos sources avant de poser des questions, et arrêtez de toujours vouloir m'accuser.» Tout ça pour une histoire de coup de coude donné à Rojas, son rival pour le maillot vert. Certains l'ont aussi accusé de se faire tracter par des voitures et de fédérer les lâchés du grupetto pour être repêché. Ça fait beaucoup pour un homme qui dédie ses victoires à son chien mort.

Maillot jacquard du coureur le moins élégant: Cyril Gautier. Il y a du Paco Mancebo chez le petit grimpeur d'Europcar. Avec ses 55kg tout mouillé, il avance toujours la tête penchée dans les bosses ou les vallées. Joli doublé des Europcar, puisqu'il devance Thomas Voeckler. Le style «cul en arrière» dans la montagne, c'est efficace, mais pas très académique. Cadel Evans, toujours ramassé sur sa machine, termine juste derrière.

Maillot du briseur de rêves des Français: Thor Hushovd. Contrairement à Eva Joly, le Norvégien a bien déboulé tel un Drakkar pour briser les espoirs de quelques français. Jérémy Roy est bien placé pour en parler. Dans ses pires cauchemars, il revoit le coureur venu du froid l'avaler à 3km de l'arrivée à Lourdes. Le pire, c'est que le champion du monde a remis ça quelques jours plus tard à Gap, enterrant une nouvelle fois les espoirs de Roy.

Maillot à seringues du dopé: Alexandre Kolobnev. Seul dans sa catégorie, le coureur russe s'est assuré la victoire dès la première semaine du Tour. Chopé à un diurétique, il a donc quitté la course avant la fin. Il est utile de préciser que ce type de classement peut être modifié dans les jours qui suivent la fin du Tour.

Maillot à pois orange du presque-grimpeur: Rémi Di Gregorio. Souvent à contretemps, coincé en chasse patate, le grimpeur d'Astana finit très loin au classement de la montagne: 40e avec quatre points. On attendait mieux de sa part, mais il a manqué d'inspiration sur ses attaques. Il devance de peu, Sylvester Szmyd, vainqueur au Ventoux sur le Dauphiné 2010 qu'on n'a quasiment jamais vu à l'avant. David Arroyo a aussi oublié que la montagne était son terrain favori, lui qui avait terminé 2e du Giro il y a deux ans.

Maillot jaune pâle du traitre à la nation: Philippe Gilbert. Personne n'a oublié son accélération juste derrière Jurgen Van den Broeck dans la côte de Mûr de Bretagne. Le Flamand fait l'effort pour sortir du groupe de tête et c'est son coéquipier wallon qui roule pour combler le trou. Pas joli joli, et suffisant pour plomber l'ambiance d'une équipe qui devrait exploser après le Tour.

17/07/2011

Ce que peut (vraiment) viser Voeckler

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Il ne faut pas toujours prendre au sérieux un homme qui tweete en plein petit déjeuner. Même Lance Armstrong: «Si Voeckler reste au sommet avec les meilleurs, alors vous devez dire qu'il peut gagner le Tour de France.» Soit, merci Lance pour la remarque d'autant que plusieurs coureurs n'ont pas hésité à la reprendre, Sandy Casar ou Jérôme Pineau en tête. A les entendre, on se demande bien pourquoi Fernando Escartin ou Joseba Beloki n'ont jamais fait le boulot jusqu'à Paris.

Dire que Voeckler ne gagnera pas le Tour n'enlève rien à ses exploits. A son panache. Lui-même le sait, s'il est en jaune aujourd'hui, il le doit d'abord à l'attentisme des leaders lors des deux premières étapes de montagne. Avec le maillot sur le paletot, le coureur Europcar se dépasse. Il se transcende. Mais l'effet reste quand même limité.

Un maillot jaune ne transformera jamais un puncheur patenté en un rouleur - grimpeur capable de gagner le Tour. Voilà l'alliage pour triompher sur les Champs. Le problème pour Voeckler est assez simple. Il reste les Alpes à franchir où les leaders seront contraints de se découvrir. Et même en cas de miracle, un contre-la-montre de 42km attend les coureurs la veille de l'arrivée. Sur le même parcours lors du Dauphiné, Voeckler avait lâché 3'18 sur le vainqueur Tony Martin, qui, à quelque chose près, peut être assimilé à un Contador au top de sa forme. Le Français avait aussi perdu 1'58 à Evans ce jour-là. Voilà les deux principaux rivaux de Voeckler sur le chrono. Basso lui est légèrement supérieur. Mais Sanchez et les frères Schleck jouent dans la même catégorie sur ce type d'épreuve.

Voeckler en jaune à Paris, c'est donc un peu gros. D'après une projection «optimiste», on peut l'imaginer lâcher deux minutes à Serre Chevalier, jeudi prochain sur les plus costauds. Idem le lendemain à l'Alpe d'Huez. Le chrono scellera alors le top 5 du Français. Et ce serait déjà une très belle perf'.

13/07/2011

Si Kolobnev pouvait passer à la caisse...

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Le Tour de France est bien lancé. Aucun doute là-dessus, le premier cas de dopage a même été recensé. Après une année blanche, Alexandr Kolobnev a donné un peu plus d'épaisseur à la listes des dopés du Tour. Une histoire de diurétique paraît-il et à chaque fois la même désolation. Ce n'est donc pas fini. Il y a toujours quelques «brebis galeuses» répètent souvent les directeurs sportifs français. Celle-ci doit maintenant répondre de ses actes devant ses dirigeants. Dans son règlement intérieur, l'équipe Katusha est claire. Tout coureur dopé doit s'acquitter d'une amende cinq fois supérieure à son salaire annuel. Dans le cas de Kolobnev, qui émarge à 450.000 euros par saison, cela correspond quand même 2,25 millions d'euros d'amende. Pas assez dissuasif visiblement pour ce tricheur, abonné aux podiums mondiaux, olympiques et aux places d'honneur sur les classiques. Le bonhomme est très rarement vainqueur.

En cas de confirmation des résultats d'analyse de l'échantillon B, il sera intéressant de suivre l'attitude des dirigeants de Katusha. Suivront-ils réellement à la lettre leur règlement? Ce serait un geste fort, tant la pratique est rare dans le monde du vélo. Récemment, Aurélien Duval, un coureur français actuellement suspendu (viré de la Française des Jeux), me disait qu'il n'y avait pas d'autre solution pour résoudre le problème. Il faut frapper le porte feuille des coureurs. Il paraît que c'est là que ça fait vraiment mal. L'UCI avait tenté en 2007 d'instaurer le remboursement des gains et salaires dans une charte. Mais devant le TAS, Alexandre Vinokourov, coupable d'autotransfusions, avait fait voler ce principe en éclat. Illégal. Il appartient donc aux équipes elles-mêmes de définir leur politique d'amendes. Sur le papier, Katusha l'a fait. Son coureur doit maintenant payer.

 
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