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30/11/2011

Pourquoi j'ai un faible pour le biathlon

 

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On a tous un péché mignon, voire une petite perversion. Pour ma part, il s’agit d’un jeu entraînant avec des combinaisons en lycra, des spatules et des carabines. Oui, je parle du biathlon dont la saison de Coupe du monde démarre mercredi. Autant le dire tout de suite, les inveteurs de cette discipline ont tout compris en y incluant tous les ingrédients indispensables à la réussite d'un spectacle sportif. Une dominante physique tout d’abord, à travers l’effort en ski de fond, qui, très souvent, fait la différence au plus haut niveau. Puis la technique, qui s’exprime lors du tir, exercice de haute précision qui place les athlètes dans une filière d’effort totalement différente du ski. Au final, cette combinaison inédite donne lieu à des compétitions d’une rare intensité, où le suspense dure jusqu’au franchissement de la ligne d’arrivée.

En clair, un concurrent à la rue après un tour et un premier passage sur le pas de tir peut toujours terminer sur le podium s’il réalise un sans faute par la suite et profite des erreurs des autres. Je ne connais pas beaucoup de disciplines où l’incertitude et les basculements sont si importants. Je n’en connais pas non plus où les athlètes sont d’une si grande amabilité. C’est en général le propre des sports confidentiels, puisqu’on a tendance à n’entendre parler des frères Fourcade, Vincent Jay, Marie-Laure Brunet ou Marie Dorin que tous les quatre ans, quand les skieurs du «nordique» garnissent le panier à médailles des Bleus.

Avec eux, pas de chichis, pas de langue de bois, pas d’attitude de divas, pas d’attachés de presse. Ces sportifs sont abordables, répondent au téléphone et rappellent même quand on leur laisse un message. Un athlète comme Martin Fourcade parle de tout (entraînement, argent, dopage) quand il en a le temps. Dans le sport de haut niveau, ils font figure d’oiseaux rares. Leur seul tort est de pratiquer une discipline dont l’écho ne résonne que dans les montagnes. Malgré la couverture télévisée d’Eurosport, il est encore très difficile d’attirer un public citadin vers une discipline de «niche» qui se pratique avant tout entre athlètes venus du froid. Mais où les Français pointent souvent le bout de leurs spatules. Alors autant les suivre de près.

03/11/2011

Ils n'ont pas tué Kelly

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S’il était pilote automobile, on parlerait de lui comme de Sébastien Loeb ou de Schumi. Kelly Slater est au surf ce que Mark Knopfler est à la guitare ou Paul Bocuse à la soupe aux truffes. Une légende. A 39 ans, l’Américain a donc décroché jeudi son onzième titre mondial sur les vagues californienne. Record mondial et salve d’applaudissements pour ce champion hors norme qui surfe comme personne sur les océans et les records. Surtout les records, lui, le plus jeune champion du monde en 1992. Le plus vieux aujourd’hui, avec ses 48 victoires sur le circuit World Tour.

Une telle longévité force le respect dans un sport où la jeunesse imposerait bien sa loi. Faites le test avec n’importe quel amoureux des tubes et des rouleaux. Parlez-lui de «Kelly», ses yeux s’illuminent. On touche là à la grâce, au Poséidon de la glisse, de l’empire Quicksilver aussi. Pour arriver au sommet Slater n'a rien inventé. Comme Jeannie Longo, le surfeur au regard translucide mène sa barque avec l’ascétisme d’un moine bouddhiste. Slater, c’est la victoire des efforts calculés, de la rigueur permanente. «Je pèse le même poids qu’à 18 ans, 72 kg, confiait-il récemment dans une interview à L’Equipe. Je n’ai pas pris de gras, juste du muscle…»

«Je fais attention à mon alimentation. Je mange peu en règle générale. Parfois il m’arrive de faire une diète de 10 jours… Je suis très passionné par tout ce qui relève de la santé et de la longévité. Quand j’aurai 50 ans, je veux être plus fort que je ne le suis aujourd’hui.» Et tout ça sans injection de DHEA, excitant, ou plongeon dans la fontaine de jouvence.

Cet homme fascine d’abord parce qu’il est différent. C’est l’anti Andy Irons, son ancien grand rival à la vie de rock star, adepte des cocktail drogue – alcool, mort l’année dernière de la dengue. Slater lui a dédié ses deux derniers titres. Respectueux, malin, parfois paternaliste avec les nouveaux venus. Les mots de l'icône, ancien compagnon de Pamela Anderson, résonnent différemment à l’oreille des surfeurs en devenir. Voilà peut-être pourquoi le «King» ne mentionne pas immédiatement ses onze titres mondiaux quand il se retourne sur ses années au plus haut niveau. Sa plus grande fierté? Etre resté «clean» toute sa vie confie celui qui, années après années, parvient à rester le roi incontesté de sa discipline, sans jamais faire de vagues. Il fallait oser.

17/07/2011

Ce que peut (vraiment) viser Voeckler

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Il ne faut pas toujours prendre au sérieux un homme qui tweete en plein petit déjeuner. Même Lance Armstrong: «Si Voeckler reste au sommet avec les meilleurs, alors vous devez dire qu'il peut gagner le Tour de France.» Soit, merci Lance pour la remarque d'autant que plusieurs coureurs n'ont pas hésité à la reprendre, Sandy Casar ou Jérôme Pineau en tête. A les entendre, on se demande bien pourquoi Fernando Escartin ou Joseba Beloki n'ont jamais fait le boulot jusqu'à Paris.

Dire que Voeckler ne gagnera pas le Tour n'enlève rien à ses exploits. A son panache. Lui-même le sait, s'il est en jaune aujourd'hui, il le doit d'abord à l'attentisme des leaders lors des deux premières étapes de montagne. Avec le maillot sur le paletot, le coureur Europcar se dépasse. Il se transcende. Mais l'effet reste quand même limité.

Un maillot jaune ne transformera jamais un puncheur patenté en un rouleur - grimpeur capable de gagner le Tour. Voilà l'alliage pour triompher sur les Champs. Le problème pour Voeckler est assez simple. Il reste les Alpes à franchir où les leaders seront contraints de se découvrir. Et même en cas de miracle, un contre-la-montre de 42km attend les coureurs la veille de l'arrivée. Sur le même parcours lors du Dauphiné, Voeckler avait lâché 3'18 sur le vainqueur Tony Martin, qui, à quelque chose près, peut être assimilé à un Contador au top de sa forme. Le Français avait aussi perdu 1'58 à Evans ce jour-là. Voilà les deux principaux rivaux de Voeckler sur le chrono. Basso lui est légèrement supérieur. Mais Sanchez et les frères Schleck jouent dans la même catégorie sur ce type d'épreuve.

Voeckler en jaune à Paris, c'est donc un peu gros. D'après une projection «optimiste», on peut l'imaginer lâcher deux minutes à Serre Chevalier, jeudi prochain sur les plus costauds. Idem le lendemain à l'Alpe d'Huez. Le chrono scellera alors le top 5 du Français. Et ce serait déjà une très belle perf'.

 
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