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22/11/2011

Le Masters, l'ennemi physique numéro 1

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Depuis que le grand cirque de l’ATP s’est posé à Londres dimanche dernier, les interrogations portent toutes autour du même thème. Pour savoir qui remportera le Masters, le problème n’est pas de savoir quel est le meilleur joueur mais bien qui, des huit meilleurs mondiaux, est capable de tenir le plus longtemps debout jusqu’à la fin de la semaine. Dans une saison interminable, cet ultime tournoi perd tout crédit plus quand on voit l’état de fatigue avancé des «Maîtres» censés y figurer. Résultat, l’O2 Arena et ses allures de boîte de nuit berlinoise ressemble plutôt au Radeau de la Méduse depuis deux jours.

Mardi, Andy Murray a même manqué de tout balancer. Essoré par huit mois de tournois, l’Ecossais a l’aine qui siffle, ce qui l’empêche de pouvoir se lâcher. Du côté de l’infirmerie, Novak Djokovic a toujours l’épaule qui couine, Rafael Nadal joue avec les genoux et les chevilles rouillées et Mardy Fish prie pour que sa cuisse le laisse tranquille. Devant les médias, les joueurs sont constamment amenés à ouvrir leur carnet de santé tandis que la plupart des matchs sont entrecoupés d’insupportables pauses médicales.

Même les joueurs en ont marre. Nadal ou Federer ne diront jamais que le Masters est le tournoi de trop, celui-ci étant trop bien doté pour cela. La simple qualification d’un joueur est récompensée d’un chèque de 120.000 dollars. Pour une victoire finale, comptez 770.000 dollars alors qu’un remplaçant en touche 60.000, juste pour assister aux matchs depuis les tribunes. Il y a trois ans, face à l’avalanche de blessures, l’ATP avait récupéré Stepanek sur une plage thaïlandaise, pendant ses vacances pour remplacer Roddick. En touriste, le Tchèque avait emprunté une raquette à Djokovic et des chaussettes à Murray pour jouer… 

En réalité, cette épreuve au format unique (avec ses deux poules) ne fait pas vraiment rêver. Une victoire au Masters n’aura jamais le cachet d’un titre en Grand Chelem, ni même celui d’un triomphe en Coupe Davis. Ce qui plait aux joueurs? Les petites attentions qui leurs sont accordées à Londres. «Avoir son nom brodé sur son peignoir» ou «défiler en costume à côté de Federer», lâchent toujours les joueurs interrogés à ce sujet. Pour leur santé, il pourraient quand même bien s’en passer.

21/09/2011

Comment éviter la grève des joueurs de l'ATP

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C’est Andy Murray qui a lancé la menace dans une interview à la BBC. Tel un cégétiste échaudé, le Britannique a évoqué la possibilité d’une grève des joueurs si le calendrier «bordélique» de l’ATP n’était pas un peu mieux aménagé. Les joueurs ne supportent plus les cadences infernales imposées, l'obligation de participations aux tournois et la quête infernale de points ATP. Pas de panique Andy, voici la marche à suivre pour tout arranger.

Réduire le nombre de Masters 1000. Partant du principe qu’il est impossible de toucher aux Grands Chelem, il faut bien effectuer des coupes sur les tournois appartenant à la catégorie inférieure, les Masters 1000. Dans l’année, les joueurs n’ont besoin que de trois ou quatre semaines supplémentaires pour récupérer. Cela passe d’abord par la réduction du format de Miami et Indian Wells, ces sous Grands Chelems injustement dotés de 7 tours. Un allégement de la saison passe aussi par la réduction du nombre de Masters 1000 de 9 à 6, si possible. Pas question de supprimer les tournois en question, mais juste de les déclasser en «500», afin de soulager des joueurs obligés de disputer les Masters 1000 sous peine d’amende. Cela densifierait les grands rendez-vous de la saison et ne bouleverserait en rien la bataille du classement ATP.

Réformer la Coupe Davis. Les vols en jet privés depuis New-York pour disputer en catastrophe trois sets de Coupe Davis, ce n’est plus possible. Novak Djokovic a montré le week-end dernier que le corps ne peut pas suivre. L’idée proposée il y a un an par le comité des joueurs était pourtant emballante. Remplacer l’épreuve par une «Coupe du monde» regroupant 32 pays tous les deux ans. La compétition serait ramassée sur 10 jours et disputée sous un format bien plus dynamique que les cinq matchs en 5 sets actuels. Les rencontres seraient plus courtes (2 sets) et pourraient être animées par des remplacements obligatoires pendant les matchs. Quelque chose de nouveau, oui, mais qui pourrait relancer l’intérêt de cette compétition centenaire, boudée par plusieurs joueurs majeurs chaque année. On éviterait aussi ces situations ubuesques comme lorsqu’Andy Murray, grassement payé par sa fédération pour jouer de temps en temps pour son pays, se retrouve contraint d'atomiser un Luxembourgeois (6-0, 6-0, 6-0) en barrage.

Introduire le super tie-break. A un set partout, on départage les deux joueurs sur un tie-break en dix points. La mesure existe déjà dans les matchs de double. Pourquoi ne pourrait-elle pas être appliquée aux simples? Encore une fois, il n’est pas question de toucher aux Grands Chelems dont le format «exceptionnel», fait tout le sel. Mais sur la plupart des «500» et des «250», cela allègerait considérablement la charge de travail des joueurs. Le spectacle n’en serait pas dévalué et les chaînes de télévisions n'y perdront pas au change. Elles seront de fait moins dépendantes de la durée à rallonge des matchs actuels.

 
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