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23/10/2011

Le bilan non officiel de la Coupe du monde

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La grande leçon: Produire du jeu ne sert pas toujours à grand-chose. Les Bleus l’ont prouvé à chacun de leurs matchs, jusqu’à la finale. La seule fois où ils ont proposé quelque chose de correct, ils se sont fait battre, contre les Blacks. Sans projet de jeu cohérent et lisible, cette équipe s’est arrêtée à un petit point du titre, prouvant que le mérite est un concept mal adapté au sport de haut niveau. Mais comme le dit Christophe Dominici «il aurait aussi été dommage de voir une équipe perdre deux matchs de poule devenir championne du monde.»

La phrase: «Les sales gosses individualistes» de Marc Lièvremont nous ont quand même bien fait marrer pendant deux mois. Juste après la victoire contre les Gallois, le sélectionneur français a lâché cette petite pique, sans vraiment préciser sur quel ton il fallait prendre la boutade. Même si c’était de l’humour, il y avait un fond de sincérité dans la bouche de «Mister Moustache», lâché en pleine compétition par une partie (la totalité?) de son groupe. Il était temps que l’aventure se finisse pour tout le monde.

Le coup de cœur: Comment oublier les regards chambreurs de ces guerriers tatoués, prêts à vendre leur mère pour bouffer les Bleus en mêlée? Venus d’un pays grand comme sept fois Paris (plages comprises) et moins peuplé que la Creuse, les coéquipiers de Finau Maka ont donné le tournis à la France en lui infligeant l’une des défaites les plus humiliantes de son histoire. Si après ça quelqu’un ose encore confondre les Tonga avec une culotte...

Le chiffre: Avec leur place de finalistes, les coéquipiers de Vincent Clerc ont quand même fait une belle faire. Tous toucheront 140.000 euros pour ces deux mois de compétition en guise de prime de résultat. S’ils étaient devenus champions du monde, ils auraient récupéré 180.000 euros chacun. A côté de ça, les Blacks toucheront entre 55.000 et 96.000 euros chacun.

L'image: Incontestablement le plaquage cathédrale de Sam Warburton sur Vincent Clerc, renversé comme un vulgaire sac de sable en demi-finale. Ippon, sur les cervicales et exclusion directe. L'image est spectaculaire mais elle illustre aussi le destin miraculeux de cette équipe de France jusqu'en finale.

Le martyre: Il ne s’agit pas de «panthéoniser» Christian Jeanpierre à son retour en France. Mais pour tout ce qu’il a enduré à distance, pour toutes les critiques qu’il a essuyé de l’autre côté du poste, le commentateur de TF1 a droit à sa statue. Même s’il nous a gratifié de quelques envolée partisanes et quelques approximations, il ne méritait sûrement pas un tel acharnement.

L’arnaque: L’arbitrage «exemplaire» du rugby a quand même pris un pris un bon coup de pied au cul pendant cette Coupe du monde. On peut vanter les bienfaits de la vidéo ou la pédagogie des hommes de l’IRB, chaque rencontre se termine sur des désaccords en fonction de l’appartenance de l’arbitre à un Hémisphère ou l'autre. Sans oublier la tendance de certains à verser dans l’arbitrage «maison». N’est ce pas Monsieur Joubert?

Le Frenchy: S’il y a bien un joueur qui incarne l’esprit guerrier des Bleus, c’est Morgan Parra. L’ouvreur inattendu a donné de sa personne à chaque match, plaquant à tout va, y compris les gros bras. Malgré ses 80kg, il s’est frotté aux sans réfléchir aux chars d’assauts anglais puis gallois. Le tout en assurant son rôle de buteur, malgré un traumatisme cervical. Dommage qu’il ait rendu les armes au tout début de sa finale, sacrifié sur un coup de genou fatal.

16/10/2011

Non, les Bleus n'ont pas à s'excuser

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Le rugby est donc un sport assez mal fichu pour qu’une équipe se hisse en finale de Coupe du monde en réalisant un seul bon match. Pardon, une bonne première mi-temps contre l’Angleterre en quart de finale, et puis basta. Il faut bien reconnaître que tout le reste relève du «passable». Avant de viser une première victoire finale dimanche, les Bleus n’ont jamais impressionné, encore moins régalé. La presse et les supporters français n’ont d’ailleurs pas manqué de le rappeler à ceux qui sont officieusement surnommés «les Escrocs».

Que dire de la victoire face à Galles en demi-finale? Qu’elle est sûrement «l’une des plus laides de l’histoire de la Coupe du monde», a reconnu Marc Lièvremont. Samedi matin en France, pas un klaxon dans les rues, mais beaucoup de discours du type: «Si avec ça, on n’est pas cocus…» Encore une fois, impossible de sauter au plafond, comme si en matière de sport co, le public français était devenu de plus en plus exigeant.

Pour voir du spectacle, allez au cirque

Habitués au foie gras avec les handballeurs depuis trois ans, il régurgite désormais la moindre mousse de canard. Non seulement l’équipe de France doit gagner, mais elle doit y mettre la manière. Comme si un succès sans panache ni cotillons n’avait aucune saveur. Parfois, il faut pourtant se contenter de peu, reconnaître que «seule la victoire est belle», sous peine de passer pour un public d’enfants gâtés. «Si vous voulez du spectacle, allez au cirque», affirmait d’ailleurs un ancien grand penseur de L1 (Pablo Correa).

Comme beaucoup, j’ai commencé à taper sur cette équipe après la qualification pour la finale. Puis je me suis demandé ce qui pouvait trotter dans la tête d’un supporter anglais dans pareil cas. Chez lui, le sentiment de fierté national est inné et il ne risque pas de s’auto flageller. Pas la peine d’être «beau» pour être étiqueté «winner». Bien jouer n’est pas un gage de victoire, sinon France 98 n’aurait jamais existé. Les historiens ne retiennent que les résultats. Rarement la manière. Dimanche prochain, les Bleus ne devraient pas découvrir le rugby champagne pour être sacrés champions du monde. Et ils n’auront pas à s’excuser.

14/10/2011

Christian Jeanpierre, ce fan de rugby incompris

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A Chaque compétition internationale, son bouc émissaire. La Coupe du monde de rugby a trouvé le sien avec Christian Jeanpierre, dont les commentaires sont désormais plus commentés que les performances des Bleus. Un peu comme Marion Rolland à Vancouver, CJP éclipse tout. Sur Facebook, le groupe «Ferme ta gueule Christian Jeanpierre», parrainé par «Le rugby pour les nuls» tourne à 2233 membres. Autre indicateur, quand on tape le nom de Jeanpierre dans Google, la quatrième occurrence citée est «nul» (entre « Best of» et «gay»).

Nourri par un bon petit buzz, l’acharnement contre un journaliste peut donc faire très mal. Je trouve cela dérangeant, presque incorrect, puisqu'aucune critique ne lui est adressée directement, en face (Non, ce n'est pas Denis Brogniart qui m'envoie). CJP n’a pas l’accent du Sud-Ouest. Il est souvent approximatif, un peu supporter sur les bords et a la fâcheuse tendance à répéter avec dix minutes de décalage les paroles de Thierry Lacroix. Soit. Cela empêche-t-il le téléspectateur lambda d’apprécier son match? Sûrement pas. Pour moi, il n’a commis qu’une erreur majeure depuis le début de son Mondial, en perdant le fil d'Afsud – Galles. Mais qui n’en commet pas? Il n’y a là rien d’impardonnable (Parole d’un journaliste qui n’a pas vu la main d’Henry lors de France – Irlande…)

Et les «valeurs de l'ovalie» alors?

Ceux qui lui tombent sur le râble oublient aussi qu’il n’est pas commentateur pour Canal+, la chaîne des puristes. Sur TF1, il adopte le ton «grand public» qui permet à la chaîne de cartonner en audiences. A ce sujet il s’est justifié dans une interview à Sud-Ouest: «Quand on me reproche d'être trop chauvin, je réponds: «Et alors ?» Quand les mecs se défoncent comme ça sur le terrain, tu as envie de leur rendre hommage.»

Ce discours-là, messieurs les puristes, n’est pas forcément celui d’un ignare du rugby. Mon collègue Alexandre Pedro, qui côtoie actuellement CJP en Nouvelle-Zélande est formel, Chistian Jeanpierre connaît le sujet. Pour l'anecdote, on peut le croiser rue Princesse lors des matchs du Stade Toulousain. Il est capable de parler des matchs de Ben Foden à Northampton et développe même une théorie assez intéressante sur Morgan Parra, le «Deschamps du rugby» par son côté «bon soldat» qui fait briller les joueurs autour de lui et finira sa carrière couvert de titres.

Tout cela pour dire qu’il est facile de relever les travers d’un commentateur sans jamais mettre en avant ses qualités. CJP est un journaliste multicarte qui vulgarise un sport d’initiés. Le dénigrer, c’est cracher sur tous les gens qui suivent le rugby sans être des spécialistes. A moins que la tolérance, l’ouverture d’esprit et le respect ne fassent pas partie des si belles «valeurs de l’ovalie».

 
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