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21/09/2011

Comment éviter la grève des joueurs de l'ATP

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C’est Andy Murray qui a lancé la menace dans une interview à la BBC. Tel un cégétiste échaudé, le Britannique a évoqué la possibilité d’une grève des joueurs si le calendrier «bordélique» de l’ATP n’était pas un peu mieux aménagé. Les joueurs ne supportent plus les cadences infernales imposées, l'obligation de participations aux tournois et la quête infernale de points ATP. Pas de panique Andy, voici la marche à suivre pour tout arranger.

Réduire le nombre de Masters 1000. Partant du principe qu’il est impossible de toucher aux Grands Chelem, il faut bien effectuer des coupes sur les tournois appartenant à la catégorie inférieure, les Masters 1000. Dans l’année, les joueurs n’ont besoin que de trois ou quatre semaines supplémentaires pour récupérer. Cela passe d’abord par la réduction du format de Miami et Indian Wells, ces sous Grands Chelems injustement dotés de 7 tours. Un allégement de la saison passe aussi par la réduction du nombre de Masters 1000 de 9 à 6, si possible. Pas question de supprimer les tournois en question, mais juste de les déclasser en «500», afin de soulager des joueurs obligés de disputer les Masters 1000 sous peine d’amende. Cela densifierait les grands rendez-vous de la saison et ne bouleverserait en rien la bataille du classement ATP.

Réformer la Coupe Davis. Les vols en jet privés depuis New-York pour disputer en catastrophe trois sets de Coupe Davis, ce n’est plus possible. Novak Djokovic a montré le week-end dernier que le corps ne peut pas suivre. L’idée proposée il y a un an par le comité des joueurs était pourtant emballante. Remplacer l’épreuve par une «Coupe du monde» regroupant 32 pays tous les deux ans. La compétition serait ramassée sur 10 jours et disputée sous un format bien plus dynamique que les cinq matchs en 5 sets actuels. Les rencontres seraient plus courtes (2 sets) et pourraient être animées par des remplacements obligatoires pendant les matchs. Quelque chose de nouveau, oui, mais qui pourrait relancer l’intérêt de cette compétition centenaire, boudée par plusieurs joueurs majeurs chaque année. On éviterait aussi ces situations ubuesques comme lorsqu’Andy Murray, grassement payé par sa fédération pour jouer de temps en temps pour son pays, se retrouve contraint d'atomiser un Luxembourgeois (6-0, 6-0, 6-0) en barrage.

Introduire le super tie-break. A un set partout, on départage les deux joueurs sur un tie-break en dix points. La mesure existe déjà dans les matchs de double. Pourquoi ne pourrait-elle pas être appliquée aux simples? Encore une fois, il n’est pas question de toucher aux Grands Chelems dont le format «exceptionnel», fait tout le sel. Mais sur la plupart des «500» et des «250», cela allègerait considérablement la charge de travail des joueurs. Le spectacle n’en serait pas dévalué et les chaînes de télévisions n'y perdront pas au change. Elles seront de fait moins dépendantes de la durée à rallonge des matchs actuels.

19/09/2011

Il a toujours la clé, Deschamps

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C’est toujours la même histoire avec l’OM. L’équipe gagne trois matchs, René Malleville danse à poil sur le Vieux Port. Elle en perd trois autres, il traite l’ensemble de l’équipe comme une vulgaire cagole. D’accord, Marseille est dernier après six journées. Cela fait bien tâche, surtout quand on vise le titre de champion. Mais de là à s’interroger sur l’avenir de Didier Deschamps, je trouve la réflexion disproportionnée. Voilà au moins quatre raisons de ne pas se séparer de lui. Ou de l’inciter à poursuivre un peu plus longtemps l’aventure, s’il n’en a plus l’envie.

Laisser sa chance au produit. Peut-on réellement condamner un coach après six matchs de championnat? Bien sûr que non, cela n’a pas de sens, surtout quand l’intéressé s’appelle Deschamps. Oui, «La Dèche», celui qui a réappris à l’OM à gagner en lui offrant cinq titres en deux ans. Effacer son bilan (60v, 26n, 21d soit plus de 50% de victoires en L1) pour une série malheureuse serait une aberration. Sus à l’obligation de résultats permanente. A l’intersaison, cette équipe a été remodelée. Elle a besoin d’une phase de rodage prolongée, d’un petit déclic, voire d’un peu plus de réussite pour décoller. Il serait totalement inapproprié de renouer avec la mauvaise habitude des «entraîneurs Kleenex», ces coachs dont la durée de vie n’excédait pas six mois sur le banc marseillais.

Pas d’erreur majeure. Excepté un bilan comptable assez maigrichon, Deschamps n’a pas grand-chose à se faire reprocher. En tout cas, pas de faute grave justifiant une remise en question de son travail. Pour l’instant, son groupe ne l’a pas lâché. Il n’a pas commis d’impair vis-à-vis des supporters et n’a pas perdu de rencontre à enjeu majeur. Bref, il n’y a que sur le plan du recrutement que les faits ne lui donnent pas raison (pour le moment). Alou Diarra, à côté de ses pompes depuis deux mois, ne justifie pas l’entêtement de Deschamps pour obtenir sa signature. On peut aussi lui reprocher la gestion du cas Lucho, à qui il a ouvert la porte, sans vraiment le laisser partir. Encore faut-il prouver que c’est la cause des errements actuels de l’OM.

Un départ trop onéreux. Economiquement, la question du licenciement de Deschamps est vite balayée. Et tant mieux. Virer DD, c’est lui rembourser trois années et demi de salaire, puisque le coach marseillais a prolongé de deux ans en fin de saison dernière. A 250.000 euros mensuels (chiffre dévoilé dans le JDD), la facture est beaucoup trop salée pour l’OM. Lâcher un peu plus de huit millions pour se séparer d’un salarié n’est pas dans les habitudes de la maison. En revanche, La Dèche peut très bien décider lui-même de s’en aller. Il l’a déjà prouvé à Monaco ou à la Juventus par le passé.

Il n’y a pas mieux que lui. C’est sympa de sceller le sort de Deschamps, mais pour le remplacer par qui, au juste? Mourinho, Guardiola, Ancelloti? Dommage, les Qataris ont choisi le PSG et les fantasmes des uns ne sont sûrement pas ceux des Marseillais. S’il s’en va, Marseille piochera au Pôle Emploi. Et sur le marché, il n’y a pas grand monde. Les serpents de mers habituels nous offrent Gerets, Halilhodzic, Lippi ou Baup. Est-ce réellement mieux que Deschamps? Pas du tout sûr.

17/09/2011

Olympico ou Olym...pipeau?

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Historiquement, Canal+ a beaucoup apporté à la L1. Mais la chaîne aurait pu se passer de l’invention du mot «olympico», un soir de 2010 me semble-t-il. Un an auparavant, l’OM et Lyon ont eu la mauvaise idée de faire péter tous les compteurs lors d’un 5-5 assez mémorable, il faut l’avouer. Dix buts en un match, cela fait tourner les têtes. Dans la foulée, ça brainstorme à Canal. Comment surfer sur cette orgie de buts dans les années à venir? Nommer l’événement pardi, comme la fête de la Sainte Barbe ou la Chandeleur, il y aura «l’Olympico», puisque c’est le néologisme grotesque qui a été retenu.

D’une manière générale, je suis pour l’invention de nouveaux concepts, les expressions revisitées ou les clichés détournés. Pourtant là, quelque chose me gêne. On sacralise un non événement, ce qui revient à prendre le téléspectateur pour ce qu’il n’est pas: un amateur de spectacle avant d'être un fan de sport. Que représente Lyon – Marseille? Un choc entre deux grosses équipes de L1 et rien d’autre. Parler d’«Olympico» est un abus de langage à plusieurs titres. D’abord, il n’y a qu’un seul Olympique (Oui, je suis Marseillais et de mauvaise fois…). Plus sérieusement, l’histoire de la L1 ne fait pas des Lyon – Marseille des rendez-vous incontournables. Leur passé commun au sommet du championnat est trop récent, trop lisse, pas assez piquant, pour faire de ce match un classique (le «Clasico» désignant uniquement Barça - Real).

Lyon – Marseille n’est pas non plus un derby puisque la rivalité géographique n’entrera jamais en compte entre deux villes qui se toisent à 300 bornes de distance. Inutile donc de donner une dimension imaginaire à ce match. Il ne le mérite pas. Dimanche, ce sera l’affiche de la 6e journée du championnat et c’est déjà pas mal. Reconnaître l’existence de «l’Olympico» made in Canal peut entraîner de graves dérives. A quand l'apparition du «Maroualico» entre Lille et Valenciennes ou «le Plagico» entre Nice et Bordeaux?

 
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