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21/12/2011

Les handballeuses, pas assez VIP pour l'Elysée?

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Les athlètes français reçus en août 2010 après les championnats d'Europe de Barcelone

On imagine bien la scène au palais présidentiel. Entre deux rendez-vous, Nicolas Sarkozy reçoit ses conseillers, spécialistes du sport, pour un briefing concis sur la performance des handballeuses, récentes vice-championnes du monde au Brésil. A leur retour sur le sol français, se pose la question qui accompagne tout médaillé tricolore au niveau international. Faut-il leur organiser une réception à L’Elysée? A ce moment là, les arguments doivent fuser entre le Président et sa garde rapprochée.

« - Ne nous emballons pas Président, elles n’ont pas décroché l’or. Elles devront encore attendre.

- Oui, mais les rugbymen ont aussi perdu en finale et nous les avons reçus après la Coupe du monde.

- Je sais bien, mais vous savez, le hand féminin n’intéresse pas grand monde. Nos filles sont fortes, mais ce ne sont pas les «Expert» non plus.

- Bon, je passerais bien un petit coup de fil à David (Douillet) sur cette affaire.

- Je vous rappelle qu’on parle de sport féminin, Président…

- Oui… Mais en terme d’image, une photo avec des athlètes, ça ne fait jamais de mal à cinq mois de la présidentielle.

- Justement, on va encore vous reprocher d’être opportuniste.

- D’accord, on en reparlera l’été prochain si elles sont championnes olympiques.

- Euh… si vous êtes réélu.»

Résultat, les filles d’Oliver Krumbholz n’ont pas trimballé leur médaille d’argent dans les salons de l’Elysée. Au fond, elles ne s’en portent pas plus mal, la réception présidentielle n’ayant qu’une valeur symbolique. Pourtant, les handballeuses n’ont rien à envier aux derniers hôtes de Nicolas Sarkozy. Depuis deux ans, outre les médaillés olympiques, les rugbymen (vice-champions du monde), les athlètes (médaillés européens), les nageurs (médaillés européens), les judokas (médaillés mondiaux) et les cyclistes (vainqueurs d’étapes du Tour et maillot jaune) ont foulé les gravillons de la cour présidentielle.

Vu la liste des invités, les vice-championnes du monde de hand méritaient tout autant de serrer la pince du Président. D’autant qu’en sport collectif, la France n’a pas souvent l’occasion de fêter un podium. Le seul tort des Françaises est d’avoir disputé une compétition à 9.000 km de Paris, de n’avoir joué qu’une seule rencontre sur une chaîne en clair (la finale sur France 3) et de ne pas compter dans leurs rangs une joueuse assez emblématique pour emballer les foules. Une «Karabatic» au féminin dont Nicolas Sarkozy pourrait citer le nom. L'influence d'une équipe sur son époque passe aussi par un travail de lobbying appuyé de la part des fédérations, des médias et des sponsors. A côté des équipes de France de foot, de rugby, de natation ou d'athlé, les handballeuses tricolores sont (pour une une fois) très, très, loin du podium.

18/12/2011

Les révélations françaises de l'année 2011

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En une saison, une grande victoire ou un simple coup d'éclat, ils se sont fait un nom en 2011. Inconnus jusque là, voici une sélection non exhaustive de sportifs qui devraient faire gagner la France dans les années à venir. Si vous en avez repéré d'autres, livrez les nous. Les commentaires sont là pour ça...

Charlotte Bonnet: C’est la dernière pépite couvée par Fabrice Pellerin, l’éleveur de champions niçois. Après Agnel et Muffat, la nageuse de 16 ans ne devrait pas tarder à faire de grosses vagues dans les bassins mondiaux. Benjamine de l'équipe de France, Charlotte Bonnet s’est offert trois podiums aux championnats de France d’Angers. Du 50m nage libre au 200m quatre nages, l’élève de première S pourrait bien passer le premier grand examen de sa carrière lors des prochains Jeux.

Caroline Garcia: Jamais la petite française n’aurait dû secouer la tête et réaliser l’exploit qu’elle était en train de réaliser il y a six mois sur le central de Roland Garros. Alors qu’elle menait 6-3, 4-1 face à Maria Sharapova et qu’elle s’apprêtait à faire taire la diva, la jeune Lyonnaise a finalement ouvert les yeux. Deux jeux trop tôt. Battue en trois sets, Caroline Garcia a pourtant marqué tout les observateurs du tournoi, Andy Murray en tête qui y est allé de son petit tweet annonciateur: «Cette fille sera un jour numéro 1 mondiale.» Cela tombe bien, celle qui est à peine plus âgé qu’un ramasseur de balles ne vise pas moins.

Arnold Jeannesson: Il a peut-être l’allure et le visage d’un étudiant à peine entré en fac de science, le coureur de la Française des Jeux a les atouts pour devenir l’un des grands grimpeurs de demain. Révélé à l’école du cyclo cross, l’ancien de la Caisse d’Epargne s’est fait un nom dans les cols du Tour de France où il s’est même emparé une journée du maillot blanc. S’il pouvait y ajouter quelques pois rouges dans les années à venir, il n’y aurait rien d’étonnant.

Marvin Martin: Deux buts pour une première en sélection, cela marque forcément. Le Sochalien n’a pas manqué son coup, il y a quelques mois face à l‘Ukraine. Il en a gardé un surnom «MM» et une étiquette, un peu encombrante, de nouveau dépositaire du jeu des Bleus. Avant d’égaler «ZZ» ou d'offrir une autre Coupe du monde à la France, Martin incarne l’avenir d’un groupe en quête de pardon, chouchouté par Laurent Blanc. Un transfert l’été prochain et une grande performance à l’Euro 2012 devraient le faire changer de dimension.

Alexis Pinturault: Tremble Bode Miller. Voici la relève dans la catégorie très des skieurs «polyvalents». Passé par le foot, la boxe, le kite surf, il n’est pas étonnant que le Français de 20 ans soit un touche à tout sur les skis. Très à l’aise en Géant, discipline dans laquelle il a déjà claqué deux podiums, ce fils de mannequin norvégien compte aussi faire parler son explosivité en slalom en Super-G et en descente. Si tout se passe bien, son nom pourrait bien figurer très haut au classement général de la Coupe du monde.

Audrey Tcheuméo: Voici la «Mike Tyson» du sport français féminin. Grande admiratrice du cogneur américain, la judokate a déjà presque tout gagné à 21 ans. Championne de France et d’Europe, elle a raflé son premier titre mondial chez elle à Paris, au mois d’août. Une performance XXL pour une jeune fille qui n’a que sept ans de pratique dans le kimono. Passée par le tennis, le hand ou le foot, la grande copine de Teddy Riner est un phénomène de précocité dans un sport où la dimension technique est pourtant essentielle. On imagine à peine les ravages qu’elle fera quand elle aura un peu plus d’expérience.

14/12/2011

Marion Bartoli ou le tennis qui boit la TAS

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Il n’y aura sûrement pas de médaille française l’été prochain en tennis aux JO de Londres, sur le gazon de Wimbledon. Du moins chez les femmes. Marion Bartoli, la joueuse la plus insaisissable du tennis français, a choisi le bras de fer avec la fédération pour obtenir son visa olympique. Un choix qui devrait la pousser à se porter devant le TAS afin de faire plier la fédé dont les règles de sélections sont pourtant claires depuis le départ: disputer deux rencontres avec l’équipe de Fed Cup, dont l’une l’année des Jeux. Seulement la numéro 1 française ne joue jamais sans son papa ce qui pose problème en équipe de France où les entraîneurs personnels ne sont pas invités.

Dans le monde rêvé de Marion, Nicolas Escudé devrait donc composer avec les états d’âmes des cinq coachs des joueuses auxquelles il fait appel. Impossible, forcément. Amélie Mauresmo, Mary Pierce, Nathalie Tauziat ou Tatiana Golovin s’étaient plié à la règle en leur temps. Pas la joueuse du Puy en Velay, qui boude la Fed Cup depuis sept ans.

Dans un entretien à Tennis Magazine, la numéro 9 mondial dénonce «des conditions de sélection déraisonnables.» Elle se plaint aussi d’être la seule joueuse du Top 10 dont le coach est encore persona non grata en Fed Cup. Le problème est pourtant bien plus vaste. Quand on joue pour son pays, le tennis se transforme en sport collectif. Et dans ce nouveau cadre, les privilèges individuels sont bannis. Qu’une championne de son talent ne comprenne pas cette démarche est difficilement saisissable.

Cette insubordination traduit surtout un problème plus profond dans le fonctionnement de Marion Bartoli. A 27 ans, la jeune femme est incapable de se passer trois jours de son papa. Sur le circuit, Walter l’accompagne partout, la bichonne, la protège face aux médias. Le binôme fonctionne en vase clos, dans un climat parfois paranoïaque. Impossible d’assister à un entraînement de la joueuse, qui décrète presque systématiquement le «huis clos». Hormis l’Israélienne Shaar Peer, on ne lui connaît pas d’amies proches. En tournoi, son cercle de proches supporters se résume le plus souvent à sa famille, élément clé de sa réussite. Mais aussi à l’origine d’un bien triste conflit.

 
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