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23/09/2011

Et si la France perdait plutôt face aux Tonga?

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«Si on gagne contre les Blacks, tant pis...» En une petite phrase, Julien Bonnaire s’est trahi. Même s’il n’y croit pas beaucoup, une victoire face à la Nouvelle-Zélande samedi matin mettrait bien les Bleus dans l’ambarras. On entend ce refrain depuis une semaine, le XV de France aurait tout intérêt à perdre contre les Blacks (comme s’il avait besoin de le faire exprès…) pour finir deuxième du groupe et éviter de se coltiner une nation du Sud en phase finale. De cette manière, il affronterait l’Angleterre en quarts et n’aurait plus qu’à se laisser porter jusqu’à la finale. La bonne blague.

Sauf que, pour atteindre leur objectif, il existe un autre schéma. Pourquoi perdre nécessairement face aux Blacks puisque rien n'empêche les Bleus d’offrir leur dernier match aux îles Tonga? L’intérêt est multiple. En jouant à fond le choc de samedi, personne ne pourrait reprocher aux Français de galvauder la première grosse affiche de ce Mondial. Deux: pour une équipe «en construction», puisqu’elle est encore présentée comme cela, rien de tel qu’un choc XXL pour s’étalonner avant les phases finales. Trois: Enlever le frein à main éviterait aux Français de s’exposer à des blessures comme c’est le cas dans ce type de matchs.

Rester un peu ambiteux

Face aux Tonga, la donne serait alors toute simple. En position de force, Lièvremont lancerait cette fois pour de bon son équipe bis. Il l’assumerait même devant les médias et la France serait alors prise un peu plus au sérieux après un début de tournoi plutôt faiblard. Actuellement, la position des coéquipiers de Dusautoir est assez batarde. Faut-il jouer pour gagner? Faire semblant de jouer pour gagner? Assumer une défaite?

Quoi qu’il arrive, je crois que cette équipe n’est pas assez solide pour se remettre d’une rouste face aux All Blacks. Quand on pagaye dans la semoule face au Japon et au Canada, impossible d’enchaîner sur un troisième match maussade. Quitte à s’engager dans des calculs d’apothicaires, autant rester ambitieux et conserver un peu d’estime de soi. Peut-être que le match des Blacks arrive au bon moment pour cela.

14:51 Publié dans Rugby | Lien permanent | Commentaires (4)

11/09/2011

Marc Lièvremont ou l'art de rentrer dans le lard

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Encore une fois, et comme trop souvent depuis un an avec le XV de France, il fallait attendre la fin du match pour avoir sa dose de spectacle. Il faut bien reconnaître un mérite à Marc Lièvremont: ses débriefings de matchs sont toujours d’une grande lucidité. Il n’est jamais question pour lui de se défausser quand ce qu’il voit ne lui plaît pas. Face au Japon, l’équipe de France n’a rien montré. Le sélectionneur des Bleus n'est pas là pour ne «retenir que le résultat». Le ton est flingueur, les mots francs.

A chaud d’abord, on a senti l’ancien perpignanais près à retourner le vestiaire d’Auckland. Comme à l’issue du match contre l’Italie, il serrait les dents, taisait une colère froide. «On a été suffisants et approximatifs. C'est peut-être un avertissement sans frais qui va nous permettre de remettre les choses en place...» Puis le lendemain matin, la critique s’affine. Toujours aussi lucide, il cite maintenant les fautifs. Harinordoquy, le «Yach‘», Barcella, le trio toulousain. Ça fuse dans tous les sens.

Des noms, on veut des noms

Pas question pour le sélectionneur d’adopter la «Nasri attitude», où on parle à ses hommes entre «quat’z’yeux». Lièvremont balance, expose ses joueurs pour les mettre face à leurs responsabilités. Avec une honnêteté rare chez un sélectionneur, il évoque «la légèreté» de son équipe, «une charnière poussive», «des joueurs laxistes dans les comportements», «beaucoup de déchets techniques dans les transmissions» ou «des fautes de discipline assez bêtes.» Pour être vraiment complet, il verse aussi dans l’autocritique: «Je me pose des questions. Ces erreurs sont peut-être dues à des erreurs de management…»

Soyons rassurés, le sélectionneur a donc les yeux en face des trous et parle sans détour. J’ai pourtant le souvenir d’avoir croisé en Afrique du sud un bonhomme bien moins franc sur les performances des Bleus en Coupe du monde. A l’époque, l’optimisme aveugle de Raymond Domenech avait à mon sens desservi l’équipe de France. En fuyant les problèmes, il ne les a jamais résolus. Son angélisme et son arrogance avaient aussi creusé un fossé entre les le groupe et les médias. Au moins, jusque-là, Lièvremont s’assure la paix des ménages.

26/08/2011

Le Top 14, un monde qui ne tourne pas rond

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Plus illisible qu’une écriture de médecin, voici le calendrier du Top 14. Pour suivre la nouvelle saison qui commence vendredi soir, il va falloir s’accrocher. Apprendre à lire un classement totalement faussé par la collision frontale avec la Coupe du monde. En rugby, il n’est pas possible, apparemment, d’organiser l’événement planétaire sans décaler les autres. Le foot y parvient pourtant, mais il faut croire que l’organisation d’une saison rugbystique ne s’y prête pas vraiment...

En attendant, le championnat démarre ce soir en catimini par un Bayonne – Toulouse qui aurait pu faire frissonner les foules. En terme d’exposition, le Top 14 est condamné à souffrir jusqu’à la fin de la Coupe du monde, soit six semaines et huit journées passées dans l’ombre. Le plus gros problème concerne l’équité de ce championnat, totalement biaisé par l’absence prolongée de tous les internationaux. Des clubs comme Clermont, Toulouse ou Biarritz, chez qui la Coupe du monde a entraînée une saignée, seront forcément affaiblis en début de saison. Combien de temps faudra-til attendre avant de retrouver une situation équilibrée? Sûrement plus longtemps que prévu.

A leur retour de Nouvelle-Zélande, les internationaux ne seront pas opérationnels dans la foulée. Rappelons que ces Messieurs n’ont pas eu de vacances et se préparent depuis deux mois en mode commando. Le temps de souffler un peu, et de se redémarrer une préparation, on ne devrait pas les revoir en Top14 avant fin novembre, début décembre. Le problème sera le même pendant le tournoi des Six Nations. Dans l’affaire, les clubs moins huppés se frottent les mains. Si les gros sont affaiblis, autant en profiter. Après tout, un championnat faussé est aussi un championnat plus équilibré. Alors je souhaite quand même le meilleur à ce championnat au rabais.

 
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