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28/08/2011

Le mercato n'est pas le monde des Bisounours

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Depuis quand existe-t-il un code de bonne conduite en période de transferts? Depuis quand reproche-t-on à un joueur de ne pas tenir un engagement? De faire volte-face pour une question d’argent? Michel Seydoux, qui est pourtant un vieux routier de la L1, a l’air bien naïf en criant à la trahison dans l’affaire Park Chou Young. Le Coréen a posé un joli lapin au Losc, en prenant l’Eurostar à la première heure quand le staff lillois l’attendait pour une visite médicale. L’attaquant de Monaco a sûrement mieux à faire du côté d’Arsenal.

Passons sur le manque de politesse du bonhomme, parti sans prévenir. Pour se défendre, il affirme ne pas avoir senti le soutien infaillible du club qui n’a rien fait signer à Park avant les examens médicaux. Excuse bidon, évidemment. L’appel d’Arsène Wenger en pleine nuit a été plus fort. Et cela se comprend. Au fond, peut-on vraiment en vouloir à Park, simple soldat des terrains, trimballé par son agent? Bien sûr que non.

Peut-on aussi reprocher à Arsène Wenger de draguer un joueur dans les derniers jours du mercato? Pas plus, évidemment. Les dirigeants lillois lui reprochent un manque de classe, comme s’il leur avait piqué un joueur sous contrat. Sauf que Park n’a rien signé nulle part. En tentant de le recruter, le manager des Gunners est dans son rôle. Il n’y a là aucun coup bas. Juste l’application du principe de la concurrence en période de transferts. Et l’illustration de la naïveté des dirigeants lillois qui, même fauchés, auraient peut-être dû se pencher sur le renforcement de leur attaque un peu plus tôt. Quand on est à la tête d'un club champion de France, engagé en Ligue des champions, il y a quelques précautions à prendre en matière de recrutement. Cela évite de se rabattre sur Youssouf Hadji à trois jours de la fin du mercato.

24/08/2011

Un doigt d'indulgence pour Mourinho

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Il n’est pas question d’excuser José Mourinho pour son coup de sang lors du récent Real – Barça en Supercoupe d’Espagne (le trophée des champions local). Le Portugais est allé un peu loin, c’est vrai. Il s’est même excusé récemment pour ses gestes déplacés et devrait être sanctionné. Mourinho n’aurait pas dû agiter sa main devant Messi et Alves ou tenter de dégobiller l’adjoint de Guardiola, Tito Vilanova, qui vit au passage son moment de gloire. Pour une fois, le Special One a manqué de classe, mais on peut difficilement lui reprocher autre chose. J’entends qu’il donne une image agressive du Real. Que son équipe, très rugueuse, n’a pas choisi la bonne voie. Qu’un joueur comme Casillas a changé de visage. Bref, que Mourinho dénature le grand Real en gonflant les pecs et collant quelques semelles face au Barça.

Sauf que le procès de Mourinho n'est pas celui de son Real. Certains utopistes oublient juste qu’en football, il existe plusieurs façons de gagner. Ou tenter de gagner. Mourinho est un entraîneur réaliste qui a compris que le choix était restreint pour faire tomber le Barça. L’équipe de Guardiola est la meilleure équipe au monde, cela ne fait pas de doute. La plus belle aussi. Mourinho a choisi la manière forte et à vrai dire, on ne peut pas lui en vouloir. La seule fois où a tenté de faire jouer ses hommes, le Real a pris une claque (0-5). Aujourd’hui, les Madrilènes ne sont pas beaux à voir, mais au moins, ils rivalisent avec le Barça et tout le monde est captivé par cette saga. Le feuilleton des clasicos nous régale à chaque fois.

Alors oui, Pepe, Marcelo ou Xabi Alonso ne sont pas des artistes. Ils mettent parfois le pied, mais jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’a détruit une cheville ou un tibia blaugrana. Personnellement, le geste insensé d’NKoulou sur Sinama Pongolle dimanche dernier me choque plus que tout ce qu’on a pu voir lors des derniers Barça – Real. D’ailleurs, à chaque fois, la tension monte après les matchs. Sur la pelouse, les esprits s’échauffent parfois. Mais rien de grave. Cela reste du football entre deux grandes équipes aux styles opposés. Et sans le Real, le Barça ne serait sûrement pas le Barça.

Pour rappel, voilà les images du fameux doigt dans l'oeil

15/08/2011

Si Nenê se prend pour un gros bonnet...

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Il n’a fallu que deux journées de championnat à Antoine Kombouaré pour comprendre qu’il aurait deux métiers cette année. Coach au bord du terrain, et surveillant pendant la récré. L’incident qui a eu lieu à Rennes avec Nenê prouve qu’il devra faire preuve de patience, de pédagogie et de tact pour gérer son effectif de starlettes. Le Brésilien a donc déjà joué les divas en boudant après l’annonce de sa non titularisation samedi dernier. L’Equipe parle d’un coup de pied dans une table, de mots maugréés façon Anelka (sans les insultes a priori), histoire de montrer à tout le monde qu’il mérite sa place sur le terrain même quand il n’est pas à 100% de ses moyens.

La pression, Kombouaré connaît. Il travaille déjà avec un pistolet qatari sur la tempe. Mais son plus gros défi est d’imposer ses idées à un groupe qu’il a à moitié consolidé. Toutes les recrues du «nouveau PSG» lui ont été imposées, sans qu’il ait eu l’occasion de parler aux joueurs avant leur arrivée. Une situation unique en L1, ubuesque en matière de management. Sur son chantier, le maître d’œuvre parisien n’a pas choisi ses ouvriers. Il doit s’adapter, sous peine de dégager.

Quelle légitimité pour Kombouaré?

Inutile de se plaindre au près du DRH de la maison, Leonardo. C’est lui qui a les clés. Un coup de téléphone à Doha et le sort de Kombouaré est scellé. Non seulement le coach parisien doit apprendre à connaître le mode de fonctionnement de ses nouveaux, Pastore ou Menez. Mais il doit aussi gérer les états d’âme d’un Nenê qui ne voit pas forcément d’un bon œil l’arrivée de ces concurrents, au moins aussi bien rétribués. La jalousie existe dans un vestiaire. Elle peut même le faire dérailler.

Pacifier un vestiaire où se côtoient des égos démesurés n’est pas à la portée de tous les entraîneurs. Raymond Domenech pourrait en parler. Tout le monde n’est pas Mourinho, Ferguson ou Guardiola qui peuvent placer un international surpayé sur le banc sans que celui-ci ne trouve le moyen de se rebeller. Les grands coachs son d’abord des meneurs d’hommes, fin psychologues que le groupe respecte parce qu’ils ont une légitimité. Un passé, un palmarès, une prestance, un rapport privilégié avec le club ou les supporters. Si les joueurs ne ressentent rien de cela, leur individualisme prend le dessus. Il n’est plus question de sacrifice pour le bien de l’équipe, mais d’attitude d’enfant gâté. N’est ce pas Nenê?

 
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