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24/10/2011

A quoi sert José Anigo à l'OM?

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Une crise sportive ne suffisait donc pas. Pour animer un peu plus le début de saison olympien, il fallait y ajouter une scène de ménage générale. Un conflit en survêt’ entre deux des têtes pensantes de l’OM. L’affaire Anigo – Deschamps n’a pas encore été réglée par le président Vincent Labrune. Il devrait s’atteler a ce problème dans les jours (les semaines?) à venir. En attendant, il a fait comprendre lundi à son directeur sportif qu’il n’était pas tout puissant en le sanctionnant financièrement. Les «ça me casse les couilles» et les propos insultants vis-à-vis de Deschamps ne devraient jamais sortir de la bouche d’un homme présent dans l’organigramme du club depuis trop longtemps.

Que dit l’organigramme, justement? Que tout ce qui relève du domaine sportif professionnel est l’affaire de Didier Deschamps. José Anigo, lui, est officiellement «directeur sportif, conseiller du président en charge du recrutement, de la politique de formation, de la sécurité et des relations avec les groupes de supporters.» Une fonction à rallonge sur le papier, beaucoup plus floue dans les faits. En théorie, l’ancien minot n’a pas son mot à dire sur les décisions ou le management de Deschamps, à qui il reproche ses accointances avec Bernès.

L'homme qui flatte les supporters

Mais à Marseille, son rôle n’a jamais été très clair. D’abord joueur, puis entraîneur, directeur sportif ou conseiller, il est la caution marseillaise du cercle de dirigeants de l’OM. Celui qui connaît le club, fait partie des meubles et ne pourrait jamais bosser ailleurs. C’est sûrement vrai. Publiquement, Anigo apparaît surtout pour claquer des bises ou dézinguer quelqu’un. Devant Aulas, la presse, les instances du foot français, le PSG, il défend son club sur tous les fronts et parle toujours de l’OM comme de l’un de ses enfants.

Sauf que. Au-delà de la mise en scène, souvent caricaturale et grossière, «personne n’a le monopole de l’amour de l’OM», comme l’a bien dit DD lundi. L’homme au crâne chauve revendique également une relation privilégiée avec les supporters. Dans les faits, il est surtout bon pour les flatter; «nos supporters sont exemplaires» étant de loin sa petite phrase préférée devant la presse. Il faut croire que tous ne sont pas sensibles à ces courbettes puisqu’une pétition vient d’être lancée pour réclamer sa tête.

Anigo à l’OM, c’est aussi (et heureusement…) quelques transferts. Un Valbuena par ci, un Kaboré par là. Cela ne fait pourtant pas de lui un génie du recrutement. Sous son règne, combien de transferts ratés et de dossiers mal gérés? Les vrais-faux départs de Ben Arfa, Niang, Lucho, Gignac ont perturbé le groupe de Deschamps depuis deux ans. Avec ce directeur sportif dans les pattes, l’ancien capitaine des Bleus ne peut pas travailler sereinement, surtout quand Anigo prend la défense de joueurs placés sur le banc. Bref, il est temps que tout cela change. Pour le bien de cette équipe, de ce club, et accessoirement, celui de Didier Deschamps.

20/10/2011

Kombouaré, la résistance venue du banc

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A vrai dire, il ne devrait pas vraiment être là. Telle une patelle cramponnée à la coque d'un bateau, Antoine Kombouaré tient toujours le choc, trois mois et demi après l'arrivée des investisseurs qataris. Le coach Kanak est le principal survivant du coup de balai estival opéré par les nouveaux propriétaires. Toujours très droit, parfois sur la défensive, il ne bronche pas depuis le début du championnat malgré les contraintes auxquelles il est confronté. Leonardo décide, Kombouaré applique.

En Ligue 1, l’entraîneur parisien est le seul qui n’ait pas choisi ses recrues, subit la pression des résultats et voit débouler au mois d’octobre un nouveau membre dans son taff. Angelo Castellazzi est le dernier appelé de Leonardo qui a débauché ce «préparateur tactique» en Italie. Récapitulons. Autour de lui, Komboaré a donc un adjoint, Yves Bertucci, qui anime généralement les séances d’entraînement. Un entraîneur des gardiens qui gère la guéguerre entre Douchez et Sirigu. Trois préparateur physique, un responsable du recrutement (Alain Roche), un directeur sportif (Leonardo) et maintenant un tacticien. Finalement, il ne reste plus grand-chose au coach, si ce n’est le pouvoir de dresser ses compos d’équipe.

De moins en moins de pouvoir

Pour faire bonne figure, Kombouaré a minimisé mercredi le rôle de son nouveau collègue. «Avec nous, il vient pour tous les montages vidéo concernant nos adversaires ou des joueurs que je supervise. En tout cas, il ne vient pas parler de tactique avec moi». Tiens donc. Dans ce cas, pourquoi aller chercher quelqu’un de l’autre côté des Alpes? Petit à petit, la marge de manœuvre du Kanak s’amenuise. Mais tant que les résultats parlent pour lui, l’entraîneur parisien est à l’abri.

«En début de saison, je ne devais pas être là, c'était compliqué, donc forcément je prends match par match», expliquait-il, avec un certain courage, avant le dernier match de championnat. La donne est toute simple: «Plus on gagne, plus je suis fort, plus je conforte ma position.» Pour combien de temps? A priori, l’histoire du PSG version qatari ne s’écrira pas à long terme avec lui. Du côté du Golfe, on rêve d’un coach de grand standing. Même s’il a dix ans de métier, Kombouaré n’en n'est pas un. C’est un entraîneur respecté, mais pas encore reconnu. Le trait d’union entre le Paris d’hier et celui des nouveaux riches prépare sûrement le terrain à un grand nom. Mais tant que son équipe mène le train de la L1 et amasse les victoires, on voit mal les dirigeants se séparer de trop vite de lui. Attention quand même, puisque le mois de novembre se profile. Traditionnellement celui de tous les dangers à Paris.

19/10/2011

Il faut sauver le soldat Gourcuff

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Il faut parfois éviter de prendre les recommandations du médecin à la lettre. Le protocole de soin de Yoann Gourcuff prévoyait quelques semaines sans ballon. Le meneur de jeu de l’OL a prolongé jusque sur la pelouse de Santiago Bernabeu sa phase de rééducation. Mardi soir contre le Real, il fallait écarquiller les yeux pour le voir toucher le ballon. Pour sa première titularisation après cinq mois et demi d’absence, Gourcuff a été simplement inexistant. On l’a vu courir de droite à gauche, derrière Gomis, mais bizarrement, l’ancien bordelais donne la triste impression de fuir le jeu, de jouer à contre temps.

Ses partenaires ne le trouvent pas puisqu’ils ne le cherchent plus. Avec les retours annoncés de Lisandro, Grenier, Pied ou Gonalons, on imagine mal Rémi Garde maintenir dans son équipe un joueur qui court depuis deux ans après son meilleur niveau. A chaque nouveau départ, le constat est le même. L’ex-futur Zidane côté de la plaque, peu influent dans le jeu. Parfois même un peu hagard.

Et s'il jouait plus bas?

De temps en temps, on aimerait pourtant le voir s’énerver, ébouriffer un peu sa mèche. Pourquoi ne pas mettre un peu plus le pied? En fait, il est frustrant de se dire qu’un joueur capable de régaler tout un stade, somnole depuis si longtemps. De lui, on garde l’image d’un tour de passe-passe contre le PSG avec Bordeaux ou un doublé en bleu contre la Roumanie. Depuis? Pas grand-chose. Laurent Blanc a toujours dit de lui qu’il ferait un bon récupérateur dans les années à venir. Je crois effectivement que son salut passe par un repositionnement. Seulement, jouer un cran plus bas exige des qualités qu’il n’a pas encore. Défendre, s’engager dans les duels, aller au combat, ne fait pas partie de la panoplie du Gourcuff actuel.

Mardi soir, lors de son remplacement par Ederson, le Lyonnais nous a aussi offert une scène assez cocasse. En quittant la pelouse, il est tombé dans les bras de… Kaka, également remplacé au Real. Gourcuff connait le Brésilien puisqu’il a joué avec lui à Milan. Mais l est quand même assez maladroit de saluer un adversaire avant un coéquipier quand son équipe prend la marée (0-4). Evidemment, il n’y a là aucun calcul, pas le moindre message codé, venant «d’un joueur différent» dit souvent son père, Christian. Dans Le Monde, le joueur de 25 ans expliquait vendredi dernier qu’il tenait avant tout à «rester ce qu’(il) est, c'est-à-dire quelqu'un de discret. Je ne parle pas quand j’ai rien à dire. Ma communication se fait sur le terrain, avec mes valeurs, comme celle du partage.» Pour l’instant, on partage surtout ses doutes.

 
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