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05/11/2011

Le PSG ou les limites de la discrimination positive

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«Il est bien de recruter des joueurs d’origine arabe s’ils sont bons. C’est notre position et bien sûr celle de Leonardo, qui est en charge du recrutement.» Voilà les mots de Nasser Al-Khelaifi, le boss du PSG version qatarie interrogé samedi dans L’Equipe, qui précise illico: «Faire venir des joueurs de talent, voilà ce qu’on veut, et s’ils sont arabes, on n’y voit pas d’inconvénient. Mais on ne le pose pas comme préalable. Ce qui compte, c’est le talent, la personnalité, la motivation.»

Construire un grand club, une grande équipe, ne suffit pas au nouveau patron parisien. Son ambition est plus large. Outre les titres qu’il compte amasser en France, le représentant du prince héritier du Qatar entend faire de son PSG une vitrine dans tout le monde arabe. A onze ans d'une Coupe du monde à 45 degrés à l’ombre, l’intention est louable. Ce pays a fait du football son étandart pour exister sur la scène internationale. Le PSG est un des leviers de cette stratégie globale et permet au Qatar de gagner en légitimité.

Qui a sa place dans l'équipe?

Seulement, en évoquant une politique de recrutement ciblée sur des critères ethniques, le propriétaire parisien touche aux limites de son plan com. Il ne parle pas de technicien, de créateur, de relanceur ou de stoppeur expérimenté. Il souhaite des joueurs «d’origine arabe», ce qui footballistiquement n’a aucun sens. Même s'il précise qu'il ne s'agit pas d'une «condition préalable», il y a là une stratégie marketing qui s’applique assez mal au sport de haut niveau. On le constate régulièrement en cyclisme quand une équipe recrute un Japonais ou un Chinois, dans le seul but d’accroître la notoriété de sa marque. Idem en F1 quand une écurie pistonne un Indien au détriment d’un pilote plus talentueux.

Si Paris recrute plusieurs joueurs maghrébins, ce n’est pas pour les laisser sur le banc. Or parmi les joueurs cités depuis deux mois pour rejoindre le leader de la L1, aucun n’a pour l’instant la légitimité du terrain. Boudebouz (en photo), Chamakh ou Taarabt, les trois éléments offensifs dont les noms circulent au Parc, auraient actuellement du mal à s’imposer dans l’équipe de Kombouaré. En défense, Benatia ou Bougherra auraient peut-être un peu plus de chance de se faire une place. En encore. La discrimination positive prônée par l’actionnaire semble à la fois risquée et inadaptée. Pour l’instant, elle se heurte au veto de Leonardo, le responsable du recrutement qui n’a pas été séduit par le profil d’un seul joueur souhaité par Al Khelaifi. Tant pis pour le marketing, tant mieux pour cette équipe.

01/11/2011

A quoi sert le Ballon d'Or?

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Inutile de faire durer le suspense trop longtemps. Le Ballon d'Or 2011 s'appelle Lionel Messi. Comme en 2009 et 2010, comme lors des deux ou trois années à venir, l'Argentin recevra son trophée dans quelques semaines. Tout le monde applaudira, ressortira la bio déjà connue du "Lutin", et commencera à se demander s'il n'est pas en train de faire un peu d'ombre à Maradona ou Pelé dans l'histoire du jeu.

Au fond, avons-nous vraiment besoin de cette mise en scène de fin d'année? Sûrement pas. Au delà de l'absence de suspense sur l’identité du futur lauréat, la cérémonie du Ballon d’Or pose un problème de fond. Dans un sport où tout n'est qu'interdépendance, collectif, dynamique de groupe, sacrifice et échange avec le partenaire, il est «absurde» de glorifier le travail d'un unique élu. La logique du Ballon d'or consiste à dire qu'il n'y aurait pas de Barça sans Messi. Celle du football veut qu'il n'y aurait de Messi sans Barça.

Un panel en question

Désigner le meilleur joueur de tennis, de golf, ou de bilboquet est bien plus légitime. Classer, hiérarchiser, comparer les athlètes étant l’essence de ces disciplines. Pas celle du football, si ce n’est pour flatter un peu plus l’égo de certains joueurs frappés de "melonite". Quand on s’appelle Ronaldo, Eto’o ou Ibrahimovic, on rêve plus de cette récompense que de titres. L’autre but non avoué de ce type de cérémonie est clairement médiatique. Ce barnum du mois de décembre donne un peu de "biscuit" aux médias à l'approche des fêtes, période d'actualité creuse où les ventes déclinent.

Toute cette mise en scène, depuis l’annonce de la liste des 23 nommés (avec Benzema mais pas Falcao...) jusqu’à la remise du trophée, a un côté inapproprié. Elle récompense le travail d'un joueur sur une année civile, quand le football ne connait que des saisons, de juillet à mai. Le vote est effectué par les 208 sélectionneurs des pays membres de la FIFA, les capitaines des sélections ainsi que 208 journalistes représentant les pays affiliés. En terme de légitimité, ce panel peut être discuté.

Historiquement, le jury – composé jusqu’en 2009 des seuls correspondants de France Football – a quand même laissé sur le bord de la route quelques cadors. Pour une question de règlement, Pelé n’a jamais eu sa chance. Plus récemment, Henry, Maldini, Thuram, Kahn ou Eto’o figurent dans la liste des oubliés quand Sammer ou Owen composent celle des anomalies. Sortir une personnalité d’une équipe, c’est aussi rayer d’office les défenseurs et les gardiens (à un Yachine près), pas assez spectaculaires ou décisifs pour prétendre à la distinction suprême. Tant qu’il n’a pas un genou brisé et danse au sein de la plus belle compagnie de la décennie, Lionel Messi a encore de belles années devant lui.

Les nommés: Eric Abidal (France, FC Barcelone), Sergio Agüero (Argentine, Manchester City), Karim Benzema (France, Real Madrid), Iker Casillas (Espagne, Real Madrid), Cristiano Ronaldo (Portugal, Real Madrid), Daniel Alves (Brésil, FC Barcelone), Samuel Eto’o (Cameroun, Anji Makachkala), Cesc Fabregas (Espagne, FC Barcelone), Diego Forlan (Uruguay, Inter Milan), Andres Iniesta (Espagne, FC Barcelone), Lionel Messi (Argentine, FC Barcelone), Thomas Müller (Allemagne, Bayern Munich), Nani (Portugal, Manchester United), Neymar (Brésil, Santos), Mesut Özil (Allemagne, Real Madrid), Gerard Piqué (Espagne, FC Barcelone), Wayne Rooney (Angleterre, Manchester United), Bastian Schweinsteiger (Allemagne, Bayern Munich), Wesley Sneijder (Pays-Bas, Inter Milan), Luis Suarez (Uruguay, Liverpool), David Villa (Espagne, FC Barcelone), Xabi Alonso (Espagne, Real Madrid), Xavi Hernandez (Espagne, FC Barcelone).

27/10/2011

L'équipe type des révélations de la Ligue1

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Onze journées de championnat, c’est trop peu pour ériger un joueur en star incontournable de la Ligue1. Mais c’est assez pour relever la bonne forme de certains. Voici donc une première mouture de l’équipe type des «révélations» de ce début de championnat. Les critères de sélection sont simples. Cette équipe n'est composée que de joueurs dont le nom ne nous disait pas forcément grand-chose avant l’été dernier et qu’on est aujourd’hui capable d’écrire sans faute d’orthographe. Il faut aussi posséder un certain poids dans son équipe, si possible être titulaire, et avoir profité de ces onze premier matchs pour franchir un cap. Evidemment, ces choix sont totalement subjectifs. N'hésitez pas à les contester. Les commentaires sont là pour ça.

Dans le but, je choisis donc le gardien rennais, Benoît Costil qui a prouvé en onze matchs qu'il était bien plus que l'ex-petit ami de miss France. L'ancien sedanais dirige une charnière composée des deux Espoirs, Mathieu Peybernes et Bakary Koné. Le premier a chassé les anciens du FC Sochaux dans l’axe et le second maîtrise plutôt bien le grand écart National – Ligue des champions réalisé en quatre mois. Sur les côtés, impossible de sortir un latéral droit. Exceptionnellement, je décale l’axial d’Evian, Angoula, redoutable dans les duels et capable d’apporter le surnombre sur les coups de pieds arrêtés offensifs. A gauche, Chris Mavinga prouve que le Stade rennais a bien fait d’aller faire son marché en Belgique à l’intersaison.

A la récupération, impossible d’oublier Alain Traoré, l’artificier de l’AJ Auxerre, spécialiste du lâcher d’exocets à mi-distance. A ses côtés, le soliste de Dijon, Benjamin Corgnet, aussi régulier en L1 qu’il l’était la saison dernière à l’étage inférieur. Sur les ailes, Yann Jouffre qu’on n’attendait pas à ce niveau là, même s'il est présent en L1 depuis plusieurs saisons. Dans un effectif très concurrentiel, il a réussi à faire oublier Morgan Amalfitano en quelques matchs. De l’autre côté, Jonathan Pitroipa (en photo), aka le nouveau Gervinho, n’a pas de concurrent. Fin techniquement, rapide, le Rennais prouve aussi qu’on peut évoluer en L1 avec un physique de coton tige. Enfin en attaque, j’opte pour le duo lorientais Aliadière - Campbell. Le premier est en passe de réussir un énième come-back au plus haut niveau. Le second n’est pas encore titulaire chez les Merlus mais à 19 ans, ce Costaricien prêté par Arsenal en train de marquer son territoire. Si Christian Gourcuff le laisse s’exprimer balle au pied et ne cherche pas trop à le préserver, il devrait faire beaucoup de dégâts.

                                                               Costil (Rennes)

                                                   Koné (Lyon)     Peybernes (Sochaux)

                         Angoula (Evian)                                                        Mavinga (Rennes)

                                              Traoré (Auxerre)   Corgnet (Dijon)

                                   Jouffre (Lorient)                                Pitroipa (Rennes)

                                             Aliadière (Lorient) Campbell (Lorient)

 

Remplaçants: Reynet (Dijon), Ahamada (Toulouse), Abdennour (Toulouse), Isimat Mirin (Valenciennes), Paulao (saint-Etienne), Kadir (Valenciennes), Guilavogui (Saint-Eienne) Karaboué (Nancy), Butin (Sochaux), Diabaté (Bordeaux), Nabab (Caen).

 
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