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03/11/2011

Ils n'ont pas tué Kelly

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S’il était pilote automobile, on parlerait de lui comme de Sébastien Loeb ou de Schumi. Kelly Slater est au surf ce que Mark Knopfler est à la guitare ou Paul Bocuse à la soupe aux truffes. Une légende. A 39 ans, l’Américain a donc décroché jeudi son onzième titre mondial sur les vagues californienne. Record mondial et salve d’applaudissements pour ce champion hors norme qui surfe comme personne sur les océans et les records. Surtout les records, lui, le plus jeune champion du monde en 1992. Le plus vieux aujourd’hui, avec ses 48 victoires sur le circuit World Tour.

Une telle longévité force le respect dans un sport où la jeunesse imposerait bien sa loi. Faites le test avec n’importe quel amoureux des tubes et des rouleaux. Parlez-lui de «Kelly», ses yeux s’illuminent. On touche là à la grâce, au Poséidon de la glisse, de l’empire Quicksilver aussi. Pour arriver au sommet Slater n'a rien inventé. Comme Jeannie Longo, le surfeur au regard translucide mène sa barque avec l’ascétisme d’un moine bouddhiste. Slater, c’est la victoire des efforts calculés, de la rigueur permanente. «Je pèse le même poids qu’à 18 ans, 72 kg, confiait-il récemment dans une interview à L’Equipe. Je n’ai pas pris de gras, juste du muscle…»

«Je fais attention à mon alimentation. Je mange peu en règle générale. Parfois il m’arrive de faire une diète de 10 jours… Je suis très passionné par tout ce qui relève de la santé et de la longévité. Quand j’aurai 50 ans, je veux être plus fort que je ne le suis aujourd’hui.» Et tout ça sans injection de DHEA, excitant, ou plongeon dans la fontaine de jouvence.

Cet homme fascine d’abord parce qu’il est différent. C’est l’anti Andy Irons, son ancien grand rival à la vie de rock star, adepte des cocktail drogue – alcool, mort l’année dernière de la dengue. Slater lui a dédié ses deux derniers titres. Respectueux, malin, parfois paternaliste avec les nouveaux venus. Les mots de l'icône, ancien compagnon de Pamela Anderson, résonnent différemment à l’oreille des surfeurs en devenir. Voilà peut-être pourquoi le «King» ne mentionne pas immédiatement ses onze titres mondiaux quand il se retourne sur ses années au plus haut niveau. Sa plus grande fierté? Etre resté «clean» toute sa vie confie celui qui, années après années, parvient à rester le roi incontesté de sa discipline, sans jamais faire de vagues. Il fallait oser.

11/10/2011

Comment relancer l'intérêt de la F1

formule1, Sebastian Vettel, Grand Prix, championnat du monde, pilotes, Red Bull, F1, Bernie Ecclestone

Je l’avoue, mon expérience en Grand Prix cette saison s'est limitée à quelques parties de Mario Kart. En vrai, il paraît que Baby Schumi s’est goinfré cette année. On ne va pas se mentir, les courses de F1 n’ont jamais été aussi ennuyeuses. Alors avant de tourner définitivement le dos à ce sport, voici quelques idées à la volée pour le relancer. Bernie, si tu lis ce post, ne le prends pas trop au sérieux quand même.

Un même moteur pour tous. Evidemment, c’est totalement utopique. Mais pour comparer deux pilotes, il faut la même voiture, un peu comme en Champ Car. La F1 n'est pas un sport équitable puisque, avant même de parler de qualités de pilotages, les acteurs ne disposent pas des mêmes chances de victoire. Les écuries les plus développées attirant toujours les pilotes les plus doués, on se retrouve avec des courses déséquilibrées dès le départ. Oui, je rêve de voir Vettel sur une Lotus.

Réduire la taille des pneus. Attention, c’est la seule idée à peu près crédible. Le principe est simple. En revenant à des pneumatiques un peu moins larges, la tenue de route des voitures serait réduite et les qualités de pilotage redeviendraient primordiales. Si cela peut nous offrir de temps en temps un petit dépassement, ce serait pas mal.

Introduire des changements de pilotes. On parle bien d’un sport par équipe, là? Alors pourquoi ne pas demander aux pilotes de se passer le volant en pleine course? Les épreuves d’endurance reposent déjà sur ce principe, mais restent d’un ennui déprimant. Un relais à trois pilotes sur deux heures serait bien plus excitant. Imaginez, tous les dix tours, Alonso laisse sa place à Massa, puis à Julies Bianchi, le troisième pilote Ferrari l’année prochaine. Voilà peut-être le seul moyen de voir un Français en F1.

Mettre en place une grille de départ à handicap. C’est tout con, mais si Vettel est le meilleur pilote et possède la meilleure voiture, quel intérêt y a-t-il à le faire partir en première ligne? Pour relancer un peu le suspense, testons la grille de départ où les pilotes seraient classés suivant l’ordre inverse d’arrivée du dernier grand Prix. Voir les costauds remonter tout le peloton serait bien plus captivant que les laisser filer à l’avant.

Donner leur chance aux meilleurs. Petite question, que fout Narain Karthikeyan sur un circuit de F1? L’indien n’a pas marqué un point de la saison (il a été viré en cours de saison...) et n’aurait jamais été amené à piloter s’il ne venait pas d’un pays où il y a des marchés. De temps en temps, il serait bon de penser au sport et donner leur chance aux meilleurs pilotes.

Arroser les circuits. Sur le papier, l’idée d'une pluie artificielle évoquée par Bernie Ecclestone est la plus dangereuse. Mais aussi la plus excitante. Un Grand Prix n’est jamais aussi intéressant que sous la pluie. Là au moins, on voit des dépassements. Pour réduire les risques d’accidents, les pilotes pourraient être avertis dix minutes avant d’un arrosage automatique et agir en conséquence. Pour le coup, Jean Alesi aurait même pu devenir champion du monde.

22/08/2011

Quatre raisons de rentrer de vacances pour les Mondiaux de judo

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Le calendrier sportif est ingrat. Placer un championnat du monde de judo à Paris pendant les vacances scolaires et en quasi-collision frontale avec les Mondiaux d’athlétisme, c’est assez rude. L’événement qui débute mardi à Bercy est pourtant unique. Voilà quelques raisons de ranger maillot et parasol pour suivre l’un des grands moments de sport de l’année. Si, si.

Les Français vont briller

Il n’y a pas beaucoup de présidents de fédé qui affichent le bilan de Jean-Luc Rougé, le boss à frisettes du judo français. Aux championnats du monde comme aux Jeux, les Bleus ramènent toujours une flopée de médailles. Quelques titres par-ci, par-là. Derrière le Japon, la France est la nation de référence au niveau mondial. Devant leur public, ils devraient donc briller. Bien sûr, il y a la locomotive Riner que seul un titre peut rassasier. Mais aussi tous ceux qui rêvent d’enflammer Bercy, à l’image de Jossinet, Decosse, Tcheumeo, Pavia, chez les filles. Milous ou Darbelet chez les hommes. Avec six ou sept médailles, les Français pourraient s’estimer satisfaits.

Teddy Riner va régaler

On le sait, Riner, c’est du très lourd. Avant de viser un premier titre olympique à Londres l’année prochaine, le colosse parisien peut décrocher son cinquième titre mondial. Un record qui lui permettra d’effacer le nom de David Douillet et devenir le judoka le plus titré de l'histoire des Mondiaux. A 22 ans, il fallait oser. Mais Riner est comme ça, hors normes. Rien ne lui fait peur. Le garçon affiche une confiance aussi bluffante que son tour de biceps. Une blessure à un doigt aurait pu le freiner dans sa préparation. Il en a profité pour doubler la dose d’entraînements physiques. Résultat, celui qui était déjà le meilleur techniquement chez les lourds débarque à Bercy affûté comme jamais. Un conseil pour ses adversaires: échauffez-vous bien les cervicales.

Réviser avant les Jeux

On a tous été plus ou moins judoka un jour. Un Français sur cinq en réalité. Et ceux qui ne sont jamais monté sur un tatami ont au moins testé la roulade avant ou mimé une planchette japonaise dans leur jardin. Dans leur vie de couple, les amoureux sont aussi sans le savoir des adeptes du ne-waza, le judo au sol… Tout cela pour dire qu’avec un peu de pédagogie, le judo n’est pas une discipline si complexe, réservée aux seuls initiés. A un an des Jeux, le rendez-vous de Bercy est l’occasion de sortir du formol des athlètes que la télé nous sert (seulement) tous les quatre ans. Dans un an, les stars du sport français seront pourtant en pyjama. Pour ne pas être largués quand ils parleront de leur enchaînement sasae - uchi-mata ou de leur tani-otochi en contre au micro de Nelson Monfort, il est indispensable de réviser.

Les arbitres seront respectés

Ici, pas de simulation, d’esbroufe ou de contestation. Côté arbitrage, le judo est une vraie référence et d’autres sports feraient bien de s’en inspirer. La culture des arts martiaux impose le respect. Sur un tatami, il est interdit de s’adresser à l’arbitre, sous peine d'être disqualifié. Le procédé est radical, mais il épargne le judo de polémiques vaines, néfastes en termes d’image. Cela ne signifie pas que les erreurs d’arbitrage n’existent pas. Il y en a, le judo étant un sport où les avantages sont à l’appréciation des juges. Les erreurs sont juste mieux acceptées parce que le trio arbitral incarne réellement l’autorité. D’ailleurs ceux-ci peuvent même faire appel à la vidéo en cas d’indécision. Si Michel Platini pouvait faire un saut par Paris cette semaine…

 
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