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30/07/2011

Combi ou slip, même combat

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C’était il y a deux ans, sous le soleil de Rome. Tous les après-midis, la piscine du Foro Italico était le théâtre d’une drôle de farce pendant les championnats du monde de natation. Les records du monde se gobaient comme des tortellinis farcis. La faute aux fameuses combis qui habillaient toutes ces torpilles 100% polyuréthane, 0% épiderme. Après le 43e et dernier record du monde romain, la fédération internationale a décidé de faire le ménage dans sa penderie. A Shanghaï, les Jaked et X-Glide sont restées au placard. Il suffit d’observer les chronos pour s’en apercevoir. Tout le monde nage moins vite. Bien moins vite même, et personne ne s’en émeut plus que cela.

D’abord parce que l’attrait médiatique de la natation n’en est pas affecté, comme le craignait la Fina. A quelques contrôles antidopage près (Bousquet, Cielo...), l’image des athlètes en slips s’est assainie. La natation est redevenue un sport humain où l’équipement ne fait pas le champion (prends-ça la Formule1). A Shanghaï, un seul nageur a réussi à améliorer un record mondial, sur 200m quatre nages. Le seul depuis l’abolition du tout polyuréthane. Voilà pourquoi Ryan Lochte est une exception, le meilleur nageur au monde.

 La hiérarchie n'est pas bouleversée

Autre constat, la hiérarchie mondiale n’a pas été bouleversée par le retour au bon vieux slip de bain (au shorty en réalité). C’était pourtant l’un des principaux arguments mis en avant par les anti-combis. Celles-ci permettait, soi-disant, à des nageurs «moyens» de booster leur performance sans trop d’efforts. J'entends encore certains coachs (n'est ce pas Frédéric Barale) parler de «dopage technologique», de triche pour nageurs sans technique. Je me souviens d’Alain Bernard vilipendant ces nageurs qui, en trois longueurs, effaçaient l’apport technique qu’il avait mis dix ans à acquérir. Mais pour comparer les deux époques, il fallait attendre de nouveaux championnats du monde. Et le résultat est clair, les combis n’ont jamais bouleversé la hiérarchie.

La plupart des recordmans de Rome sont toujours là et beaucoup ont défendu leur(s) titre(s) (Phelps, Lochte, Cielo, Pellegrini, Soni). Certains nageurs ont reculé dans la hiérarchie (Biedermann, Zhang, Sjöström). D’autres ont progressé ou émergé (Magnussen). Mais rien de bouleversant à l’exception du coup de pompe de l’Allemande Steffen (double championne du monde en titre du 50m et du 100m), passée à côté de ses Mondiaux et de l’absence de Perez Munoz (recordman du monde du 50m papillon), fâché avec son bonnet de bain depuis que la Fina l’a suspendu pour dopage.

Avec le recul, je comprends mieux l’analyse de Romain Barnier, l’entraîneur des Marseillais de l’équipe de France. Selon lui, les combis ont été bénéfiques à la natation car elles ont permis à certains de prendre la mesure de leur potentiel. Un nageur comme William Meynard, étiqueté «pur produit du polyuréthane» a prouvé cette année qu’il ne devait pas grand-chose à son matériel. Même chose pour Soni, Efimova ou Zueva chez les filles. Un bon nageur reste un bon nageur, en combi comme en slip.

28/07/2011

Ce qu'il manque au PSG pour gagner

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Heureusement qu’il y a le PSG pour s’amuser un peu cet été. Gameiro, Douchez, Menez, Matuidi , Bisevac, Sirigu et Sissoko ont posé leurs valises à Paris et Leonardo n’a pas fini son marché. Ganso, Taarabt, Pastore pourraient être les prochains à déménager. Que des grands noms, achetés sans même se soucier de l’état du porte-monnaie. Le PSG est entré dans une ère où il peut se permettre de dépenser sans compter. Autant de paillettes d’un coup, cela fait fantasmer. Cette équipe serait déjà armée pour tout rafler, poser sa patte sur le foot français.

Et pourtant. On ne rêve pas d'un parcours royal en championnat, puis en Ligue des champions, en empilant les grands noms sur un terrain, surtout lorsqu’ils sont jeunes et découvrent les joies de la capitale. Sur le plan technique, tous les départs ont été palliés, pas de souci là-dessus. En revanche, dans le vestiaire, Coupet, Makelele et Giuly (36 ans de moyenne d’âge et 122 sélections à eux trois) n’ont pas été remplacés. La recrue qui manque encore à cette équipe n’est pas un Ballon d’or en puissance. Mais bien est un joueur qui en impose, par sa prestance et son expérience du très haut niveau.

Un costume trop large pour Armand

Dans un groupe où se côtoient de jeunes millionnaires, présentés comme les ambassadeurs du nouveau PSG, les égos pourraient vite froissés. Il n’est pas dit que les nouveaux – au passage beaucoup mieux payés – soient vite intégrés. Paris, c’est une autre pression, d’autres tentations, et parfois une autre langue. Le rôle de ceux qui fédèrent un vestiaire appartient aux anciens. Il y a bien Sylvain Armand et ses sept années de maison. Seulement Kombouaré le considère comme un titulaire à mi-temps et préfère confier le brassard à un jeunot, Sakho. Quant à Camara ou Ceara, ils font déjà partie du loft.

Avant d’évoquer les ambitions de son club et de rêver de Ligue des champions, Leonardo doit donc structurer son PSG. Penser à son équilibre et à la cohérence de son effectif. Quelle équipe a réussi en C1 sans cadre ayant la culture du club et un statut d'icône aux yeux des supporters? Aucun. Le Barça a Puyol. Manchester, Giggs. Le Real, Casillas. Chelsea, Lampard. L’Inter, Zanetti. Et pour ce genre de joueurs indispensables, même les pétrodollars du Qatar ne suffisent pas.

26/07/2011

Le résumé anticipé du Tour de France 2012

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Un an c'est beaucoup trop long. Pas la peine d'attendre au bord d'une route avec votre main PMU, voici le résumé du prochain Tour de France, dit «Tour des revenants». En exclusivité, évidemment.

On ne la fait pas deux fois à Alberto Contador. Blanchi par le TAS dans l'affaire de la viande avariée, l'Espagnol a zappé le Giro, trop épuisant pour enchaîner avec le Tour un mois après. Comme Armstrong en son temps, le  triple vainqueur a donc limité ses sorties du début de saison pour arriver frais au mois de juillet. Ses rivaux n'ont pas changé. Les frères Schleck sont toujours là. Cadel Evans aussi, mais l'Australien n'est plus le même depuis sa victoire en 2011. Il se remet tout juste d'un zona quand la course s'élance de Liège. A domicile, Philippe Gilbert claque les deux premières étapes sous les couleurs d'Astana. Le lendemain, Rojas s'accroche avec Cavendish pendant le sprint. L'Espagnol se relève et lui jette un bidon. Jurisprudence Tom Steels, il est exclu de la course. Jimmy Casper, (enfin de retour!) remporte l'étape sur tapis vert mais arrive hors délai le lendemain. «Les Ardennes, c'est aussi dur que l'Alpe d'Huez», râle le sprinter de Saur Saunjasun. «T'en sais rien, t'as jamais tenu jusqu'aux Alpes», chambre Engoulvent, l'autre Jimmy de l'équipe. Frank Schleck, Basso et Klöden perdent 3 minutes dans une chute collective au ravitaillement de Verdun. Gilbert reste en jaune jusqu'aux Pyrénées.

Pour ne rien changer, les Français s'entretuent pour le gain des sprints intermédiaires. Delage, El Fares et Kadri ont fait du prix de la combativité leur objectif en l'absence de Jérémy Roy (qui prépare sa thèse sur les nano structures et la photonique sur silicium). Thomas Voeckler décroche sa victoire d'étape à Palavas-Les-Flots, lors de l'étape des bordures, fatale à Evans. Mais le Français qui marche cette année, c'est Romain Sicard. Dans la montée vers Piau-Engaly, le coureur Euskaltel s'impose devant Brice Feillu, finalement enrôlé par Omega Pharma. Derrière, les leaders se regardent et la nouvelle équipe Jean Caby - Orbea se dévoile. Dirigée par Laurent Jalabert et Manolo Saiz, la formation de Valverde, Sastre et Zubeldia fait exploser le peloton comme les Kelme de la grande époque. L'affaire du «jambon aux hormones» les rattrapera... Contador s'empare quand même du maillot jaune avant les Alpes. L'image de la semaine est celle de Michael Rasmussen, de retour chez Lampre, renversé un Basque déguisé en seringue géante. Abandon immédiat.

Dans le Ventoux, Robert Gesink s'envole en solitaire. Les leaders le laissent partir sans savoir qu'il finira troisième du général. L'équipe Big Mat Auber ne compte plus que trois coureurs en course. Quatre jours plus tard, Evans s'effondre dans la montée de Morzine. Fringale. L'étape est marquée par la défaillance de Teklehaimanot, l'Erythréen recruté par Europcar. «Il n'a pas l'habitude de courir quand il fait 6°C, on l'a récupéré en hypothermie dans un chalet d'Avoriaz», explique Bernaudeau. Loin devant, Contador en profite pour montrer qu'il est meilleur en haute montagne. Il finit devant Andy «Vas-y Poupou!!» Schleck, Gesink et Nibali. Les quatre premiers du général final. Sicard, 7e, est le premier Français. Derrière, c'est de nouveau le néant. Coppel, passé chez Cofidis ne termine que 28e. Péraud 30e. Rolland 41e. Cavendish remporte son cinquième sprint de l'été sur les Champs et vise ouvertement le record d'Eddy Merckx (34 victoires d'étape). Sur le podium, Andy garde quand même le sourire. «J'ai encore le temps, je vais m'entraîner dur et je gagnerai l'année prochaine.» C'est ça Andy, essaye encore.

 
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